‹ Etudes et récits [microforme]Chapitre 26 sur 78 · CHRISTINE DE PISAN · texte numérisé non relu

CHRISTINE DE PISAN

Christine de Pisan naquit à Venise, en 1363. Son père, un des plus fameux astrologues du quatorzième siècle, fut mandé à Paris par le roi Charles V, dit le Sage. Christine, qui n'avait alors que neuf ans, reçut au Louvre une très bonne éducation, dont elle devait plus tard tirer grand profit.

À quinze ans, à s’unit à Etienne du Castel, persontnage assez en vue à la cour du roi de France. Une cruelle maladie emporta son époux, après dix ans seulement d’une union heureuse. Le père de Christine mourut aussi vers ce temps.

La jeune veuve, abandonnée ainsi 4 son sort, se mit alors à écrire pour subvenir aux nombreux besoins de sa famille et de sa inère. Elle composa un grand nombre de poésies fugitives qui renferment un certain air de naïveté et de couleur on ne peut plus charmant.

Femme chrétienne dans toute la force du mot, elle chercha toujours dans ses ouvrages à élever l’âme par les sentiments les plus nobles et les plus religieux.

in 1418, elle se retira dans un abbaye (on ne sait quel abbaye) où elle put alors donner libre cours à sa piété ardente,

On ne connaît point la date dc sa mort, mais on croit généralement qu’elle mourut en 1431.

Ses écrits, nombreux d’ailleurs, sont pour la plupart des petites pièces de vers, parmi lesquelles on remarque les Dicts moraux à son fils, Jeanne d'Arc, etc.

Ses principaux ouvrages en prose sont: l’ÆZis{oire de sire de Boucicaut, la Chronique de Duguesclin et l'Histoire de Charles VIZ. Cette dernière est beaucoup préférable aux deux autres. On lui reproche néanmoins d'être, dans ses histoires, un peu partiale et de prendre un ton emphatique.

C'est dans la poésie légère généralement que Christine de Pisan a le mieux réussi.

Les autres écrivains remarquables qu'a produits le quatorzième siècle sont toutefois beaucoup inférieurs aux trois dont nous avons bien brièvement raconté la vie et jugé tant soit peu les œuvres ; ils ne laissèrent aucun écrit qui peut être jugé digne de passer intact à la postérité.

Ce fut surtout dans le siècle suivant que la langue française fit un immense progrès ; née a4 treizième siè-

cle, elle avait augmenté en harmonie et en grâce au quatorzième siècle, sous les soins de Joinville, de Froissart et de Christine de Pisan.

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