XVE SIECLE LITTERATURE
“ Sous tous les rapports, dit de Bsrante, le quiuzième siècle nous conduit au seuil d’un monde nouveau... Le quinzième siècle a inventé l'imprimerie et découvert l'Amérique, et il n’a pu cependant se douter de la portée infinie de ces deux nouveautés.” La langue française ou langue d’oil vint à un assez haut degré de perfection so1s les soins de Philippe de Comines, de Charles d'Orléans et de Villon ; ia langue d’oc fut déchue de toute importance politique et littéraire et demeura à l'état de patois. L'Italie, en ce temps, était arrivée à ue sorte de maturité littéraire, et ce fut elle qui donna
e plus d'impulsion à la littérature et aux beaux-arts du
quinzième siècle,
étude des langues anciennes, qui auparavant n'était 4. ainsi dire que le partage des monastères, se répandit parmi la noblesse et le peuple ; en 1455, un savant, nommé Tifernas, enseigna le premier la langue d'Homère à Paris.
La poésie, à cette époque, eut pour principaux représentants Villon, Charles d'Orléans et Alain Chartier. Olivier Basselin, dont le volume de poésies publié sous le nom de Vaux-de- Vire a donné origine au nom moderne Vaudeville, ne chanta dans ses vers que le vin et l’orgie.
Olivier Maillard, prédicateur de Louis XI, fut pour
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ainsi dire l'unique orateur religieux du qüuinziéme siècle en France ; on cite, parmi ses nombreux sermons, le Sentier du paradis, V{nstruction et la consoïation de la vie, etc. Cet orateur était d'une hardiesse incroyable : rois, princes, bourgeois et serfs, tous passaient à son tribunal. Cependant, Olivier Maillard se sert trop souvent d'expressions basses et triviales, et gâte ainsi les beautés qu’on trouve dans ses sermons.
Jean Charlier-Gerson, que plusieurs critiques assurent être le véritable auteur du livre admirable de l’Zmitation de Jésus-Christ, fut un des plus grands savants de son temps.
L'art théâtral ne consistait alors qu’en représentations de Mystères. En 1402, on donna à Parisle Aystère de la Passion, drame qui renferme plusieurs pensées profondes, malgré une grande “aïveté. On en jugera aisément par cette curieuse description de l’enfer:
Au plus bas est le hideux gouffre Tout de désespérance teint
Où sas fin art (brûle) l'éternel souffre Du feu qui n’est jamais esteint.….
Hideux puis, abisme parfons, - Remplis de pécheurs jusqu'aux fons, Qui là reçoivent leurs souldées ;
Là crient les âmes damnées
En leur Créateur blasphémunt...
Leurs regrets sont moult pardurables, Et leurs cris de piteux hélas ;
Leurs tourments, peine intolérable, Sans jamais espoir de soulas…
Là sont condamnés et jetés
Ceux qui meurent en griefs péchés, Mal reposent les mal couchés.
Là sont leurs âmes tourmentées, Abreuvées de lire de Dieu,
Et très asprement agitées, etc.
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Le quinzième siècle, malgré toutes ses imperfections, a été pour la langue française une époque des plus glorieuses ; c'était comme une préparation à cette grande renaissance des lettres et des arts qui se produisit au seizième siècle. Nous allons maintenant dire quelques mots sur les principaux écrivains du quinzieme siècle.