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LE CHEVALIER D'IBERVILLE

A MONSIEUR N. SABOURIN

CE célèbre marin, une des gloires les plus nobles et les plus pures du Canada, naquit en 1662 dans Ja viile naissante et prospère de Montréal. Son père, Charles Lemoyne, sieur de Longueuil, et cncêtre des familles de Martigny, etc., avait fait preuve d'une grande bravoure dans les diverses expéditions qu’il entreprit contre les Iroquois. Dés l’âge de quatorze ans, d’Iberville, que des goûts naturels portaient vers la marine, commença par apprendre l’art difficile de la navigation en faisant plusieurs voyages sur le golfe Saint-Laurent.

En 1686, le gouverneur du Canada, le marquis de Denonville, chargea d’Iberville et son frère de Sainte- Hélène de construire un fort à lä baie d'Hudson.

C'était une expédition excessivement dangereuse ; cependant, notre héros ne fut point effrayé des difficultés sans ombre qu'offraient ce voyage. Il partit à la tête d’un détachement composé de Canadiens et de sauvages, et parvint, non pas sans dangers, au terme de son expédition.

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Là, actif et courageux, d'Iberville éleva le fort, et en prit un autre sur les Anglais. Peu après, notre brave marin, n’écoutant que son ardeur, enleva aux ennemis un navire de douze pièces, n'ayant pour le seconder que deux canots d’écorce et onze hommes.

A la fin de l’année 1689, d’Iberville revint à Québec, et retourna cependant à la baie d'Hudson au commencement de l’année suivante. Il y fit encore plusieurs exploits fameux, et revint de nouveau à Québec, vers le même temps que l’année précédente, chargé de pelleteries enlevées aux Angiais.

Dans l'hiver de 1690, notre héros nartagea avec son frère de Sainte-Hélène et le sieur Manchet, le commandement d’une expédition des plus dangereuses. Ce fut de reprendre sur les Anglais un village nommé Corlar, en représailles du massacre des habitants du bourg Lachine par les Iroquois. Le succis répondit à l'audace du Jean Bart canadien,

Dans l’automne de 1691, il passa en France. Là, en récompense des services signalés qu’il avait rendus envers la colonie, Louis XIV le nomma capitaine de frégate. |

En 1692, d'Iberville conduisit en Canada plusieurs vaisseaux chargés de provisions.

En 1694, il alla faire le siège du fort Bourbon, et le prit avec tout ce qu'il contenait.

L'île de Terre-Neuve appartenait alors à la France ; cependant les Anglais, toujours ambitieux et avides, avaient fait secrètement quelques établissements dans le dessein de disputer aux Français la pêche de la morue.

D’Iberville, voyant cet état de choses, conçut le hardi projet de détruire ces établissements. Ayant obtenu du roi quelques vaisseaux pour sa périlleuse expédition, il fit tout ce qu il avait désiré de faire, et remporta un immense succès. Ce fut en ce ‘2mps que d’Iberville prit sur les Anglais, avec un vaisseau tout désemparé, trois

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ni de l'urs plus gros navires. Ce fait inouï de courage et ha ve d’audace excita la plus grande admiration chez ses enis nemis même, (à er Notre illustre vainaueur fut ensuite investi du com- ‘188 | mandement du fort Bourbon, la paix ayant été conclue je °C, en 1697. Di n- La France et l'Angleterre portèrent alors leurs re- 4308 1rs gards sur un autre point. Le Mississipi, ce fleuve imers mense que les Indiens appellent dans leur langage el- figuré, le ‘père des eaux,” attirait depuis quelque à temps l'attention des grands voyageurs.

son La Salle et bien d'autres n'avaient pu parvenir à son ñ an- embouchure. Les Anglais résolurent de finir ces découfut vertes importantes et de s'approprier le: immenses lar, contrées qu'arrosait ce fleuve majestueux. Le roi de L La- France, pour les devancer, y envoya en expédition le 1 ace capitaine d’Iberville à la tête d’une petite flottile. Celui- 11 c1 découvrit sans difficulté l'embouchure du Mississipi ,en et donna au beau pays qu'il sillonnait le nom de Loui- 44 ren siane, en hommage pour le grand roi Louis XIV. Il 41 fré- bâtit quelques forts, y laissa une garnison suffisante 11 | pour défendre ces nouvelles possessions, et revint en eurs France à la fin de juin 1690. 41 En récompense de sa noble et courageuse conduite, it le le roi de France, toujours désireux de s'attacher de tels hommes par des bienfaits et des honneurs, lui donna à nce ; la croix de Saint-Louis. El des, Notre brave chevalier fit encore plusieurs voyages À fans heureux à la Louisiane dont il fut le premier gouver- nl e la neur, En 1702, il fut nommé capitaine de vaisseau. 4 | La santé du héros canadien avait été quelque peu har- ébranlée par de fortes fièvres aux Iles. Cependant, tou- Hi enu jours plein de zèle et d’ardeur, il méditait encore plu- je ion, sieurs grandes entreprises qui, pour le moment, n’abouun tirent malheureusement à rien. | prit En 170/ vers le commencement de l'été, d'Iberville, Li trois sur l'invitation pressante de M. de Pontchartrain, vint | Et |

à Paris pour se reposer. Presque en arrivant, il tomba gravement malade ; mais peu à peu sa santé s'étant rétablie, il accomplit les hardis projets qu’il avait conçus avant de venir à Paris. Ses expéditions aux Iles, sur la flotte de la Virginie et sur celle de Terre-Neuve, et contre les colonies anglaises, réussirent au-delà de ses espérances même, et augmentèrent la gloire de notre héros.

Il venait d'arriver à la Havane, lorsqu'il tomba de nouveau des fièvres.

Il ne devait plus revoir sa terre natale.

La mort, toujours cruelle dans son choix, emporta à la fleur de l'âge, le 9 juillet 1706, ce magnanime chevalier, le plus grand homme de guerre qu’ait possédé la Nouvelle-France.

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