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148 ETUDES ET KECITS
plus vastes développements. Les papes Sixte IV et Léon X l’augmentèrent. Elle dépasse aujourd’hui le chiffre de cent mille imprimés et vingt-quatre mille manuscrits (cinq mille grecs, seize mille latins et itatiens, et trois mille orientaux). Rome possède de plus les belles bibliothèques de la Minerve, d'Angelica et de Barberini.
- Florence vient après Rome ; elle en compte quatre qui forment uu ensemble de quatre cents mille volumes et cinq cents manuscrits.
La Belgique renferme plusieurs bibliothèques importantes. Celle de Bruxelles compte trois cents mille volumer et quinze mille manuscrits ; celle de l'Université de Louvain possède environ cent cinquante mille volumes et deux cent cinquante manuscrits.
En Espagne, on remarque, près de Madrid, la bibliothèque de l'Æscurial, fondée par Charles-Quint. Elle compte plus de cent cinquante mille imprimes et cinq mille manuscrits, dont trois mille arabes. La Z215bliothèque Royale, à Madrid, compte cent cinquañte mille volumes.
La jeune Amérique a de nombreuses bibliothèques. On remarque, dans la ville de New-York, celle d'Astor- Library, fondée en 1839, et qui compte plus de deux cents mille volumes, et celles de l'Af/zenæum et du Public City, à Boston. |
Washington, capitale des Etats-Unis, en a deux assez importantes : celle du Congrès, quatre-vingt mille volumes, et celle du Swmifhsonian Znstitution, trente mille imprimés.
Le Canada marche rapidement dans la voie du progrès. Il compte déjà des bibliothèques qui peuvent rivaliser avec plusieurs du vieux continent. Nous remarquons, entr'autres, celle du Parlement fédéral, qui
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possède près de deux cent mille volumes et beaucoup de manuscrits des plus précieux sur l’histoire du pays, et celle de l'Université-Laval qui, en 1887, atteignait le beau chiffre de cent mille volumes.
La bibliothèque du séminaire de Montréal, avec celles du collège et du grand-séminaire, monte à plus de soixante mille volumes. L'Zwstitut Fraser, où se trouve les livres de l’Institut Canadien, possède aujourd’hui près de quinze mille volumes. Elle est la seule qui soit ouverte au public à Montréal.
Les grandes villes de l’Europe possèdent des bibliothèques où le peuple peut toujours aller s’'instruire. D'immenses salles sont disposées à cet effet, et elles sont toujours remplics d'amis des lettres et des sciences. Paris compte plusieurs de ces bibliothèques dans son sein, et nous ne pouvons nous imaginer quel grand bien le peuple en retire.
Cependant, Montréal, qui est la métropole du Canada et une des villes les plus importantes de l'Amérique du Nord, n’en possède point. Il y a bien l’Institut Fraser, mais cette bibliothèque publique est située dans un quartier anglais et n’a, à vrai dire, en livres français, que ceux dc l’Institut Canadien, condamné par l'Eglise, il y a quelques années. |
La population de l’est de la ville, qui est entièrement canadienne-française, a besoin, il me semble, d’une bibliothèque publique, où elle pourrait puiser les trésors de la littérature et de la science. Pourquoi ne suivrions-nous pas l'exemple de Paris ?
Il y a là, comme on le voit, une œuvre éminemment patriotique. Espérons qu’elle s'accomplira bientôt.