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LA MUSIQUE ET LA POESIE AVANT L'ERE CHRETIENNE

L'origine de ces deux arts par excellence se trouve là-haut dans cette vallée céleste où réside l'Eternel tout resplendissant de lumière.

Le premier homme, sortant des mains toutes puissantes du Créateur, fit entendre un hymne d'admiration et d'amour, et son chant merveilleux passa à travers les âges. Mais les hommes s'étant peu à peu corrompus dans la suite. Dieu leur réserva un châtiment terrible : alors le déluge arriva. Cependant, de la famille de Noé qui fut sauvée des fiots, sortit le peuple hébreu. Cette ration privilégiée conserva dans sa simplicité primitive le culte sublime de Jéhovah. Seuls entre tous les peuples, les Hébreux, dans leur temple couvert de lambris dorés, célébrèrent la gloire et la majesté du vrai Dieu. Dans toutes leurs cérémonies religieuses, les sons des harpes et les voix pures des lévites entraînaient le

peuple à se prosterner devant le Dieu de Moïse. Le saint roi David, aux accords de sa lyre, faisait entendre des cris de pénitence et|d'amour ! Aujourd'hui, qu'avonsnous de plus beau et de plus sublime que ces psaumes qui attendrissent nos âmes et les transportent aux pieds du trône de l'Etre suprême ?

Les autres peuples cultivaient aussi cet art divin mais d'une manière plus profane, car ils n'atteignirent jamais cette sublimité, cette grandeur, cette grâce qui sont les caractères de la musique religieuse chez le peuple hébreu.

Toujours de concert avec la poésie, la musique des temps anciens assistait ou plutôt veillait au développement du genre humain. Apollon chez les Grecs, Brahma dans l'Inde, Fohi dans la Chine, Odin dans la Germanie, tous enseignaient à leurs compatriotes l'art de charmer par les sons. Les poètes de l'antiquité, comme les troubadours au moyen-âge, allaient dans les villes et chantaient aux sons de la lyre. Homère luimême, dit-on, s'accompagnait de la harpe pour célébrer les combats du vaillant Achille, l'amour si tendre d'Andromaque, la mort cruelle du brave Hector. La poésie de ces chanteurs publics était simple, naïve et douce, et la lyre en augmentait de beaucoup les divins charmes. Quelquefois dans les combats, elle poussait à la victoire ; les guerriers, les yeux enflammés, le cœur bondissant de courage, s'élançaient, comme des lions, sur les ennemis aux sons puissants et irrésistibles d'une musique militaire.

Celle-ci cessait-elle, aussitôt cette fougue impétueuse tombait ; recommençait-elle, le combat devenait plus terrible et plus sanglant ! Cependant la musique adoucissait plus les peuples qu'elle les portait à la guerre.

Dans les sacrifices aux dieux de l'Olympe, les nations païennes la regardaient comme le moyen le plus sûr et le plus efficace pour toucher et charmer " le grand Jupiter." Grandissant avec les peuples, la musi-

que, à la naissance du Sauveur, avait atteint un assez haut degré de perfection. Dans la ville puissante des Césars, la musique avait peut-être augmenté du côté de l'art, mais avait beaucoup diminué quant à l'action morale. Ah ! tirons le voile sur les tristes et horribles spectacles dont s'enivraient les tyrans cruels de Rome, et entrons plutôt dans les immenses et ténébreuses catacombes d'où devaient surgir plus tard la Rome des Pontifes, un peuple glorieux de ses martyrs et fort ce son Dieu.

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