‹ Études et récitsChapitre 15 sur 64 · CANTIQUES DANS LES CATACOMBES · texte numérisé non relu

CANTIQUES DANS LES CATACOMBES

Devant un autel de pierre, de nombreux fidèles sont prosternés. Un vieillard aux cheveux blancs, courbé sous le poids des années, célèbre le saint sacrifice de la messe. Un silence profond et mystérieux règne sur cette assemblée recueillie. Tout à coup un cri de miséricorde s'élève de l'autel et puis tout retombe dans le silence. Mais bientôt après le peuple se lève, et d'un commun accord entonne le Magnificat. Les échos de ces grands souterrains répètent plusieurs fois ces cantiques si purs et si beaux ; de loin, on dirait une réunion d'anges chantant la gloire du Très-Haut.

Les martyrs chrétiens allaient à la mort en célébrant la bonté d'un Dieu qui leur donnait la grâce immortelle de mourir pour sa religion naissaiate. Quelle force, quelle sublimité d'ardeur sainte avaient ces courageux martyrs lorsqu'ils répandaient leur sang en chantant un hymne d'action de grâces ! Les païens eux-mêmes étaient dans la plus grande admirât on en face de cet amour incompréhensible de la mort. Du sang des martyrs répandu dans l'arène s'échappait une odeur céleste qui changeait par son action divine un grand nombre de païens en de fervents disciples du Christ.

Comme un soleil brillant envoie ses chauds et bien-

faisants rayons sur la terre qui se ranime et se réjouit sous cette grande lumière, Dieu fortitiait les martyrs qui célébraient avec joie dans de beaux et sublimes cantiques la bonté du Roi du ciel.

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