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PREFACE

L'étude des bons auteurs, la crainte de l'anglicisme, eet ennemi traditionnel de notre littérature indigène, l'horreur du convenu, la recherche du Beau et du Vrai et un travail constant, sont les moyens les plus propres à débarrasser nos écrits des inexpériences de style et des fautes grossières qui les déparent.

Ce ne sont pas les talents qui manquent chez nous : ce sont des guides sûrs, c'est le frein salutaire d'une critique éclairée. Quelques hommes d'élite ont jeté le cri d'alarme, et n'ont pas craint d'attaquer de front certaines idées reçues. Leur voix a été couverte par le mumiure des badauds a<xoutumé3 à se pourvoir d'opinions toutes faites chez les industriels préposés au commerce du bric-à-brac littéraire.

Il appartient à la jeune génération de rendre le progrès possible en forçant l'intrigue et la médiocrité à s'éclipser devant le véritable mérite. Pour cela, il faut du travail. La jeunesse le comprend et se met résolument à l'œuvre. C'est d'un bon augure.

Vous avez votre place marquée parmi cette vaillante phalange qui entreprendra la réforme désirée.

Ce n'est pas tout d'avoir une littérature canadienne, il faut qu'elle soit convenable.

Place au mérite ! A bas l'intrigue et les monopoles littéraires !

Il faut accoutumer le public à juger sainement par lui-même.

C'est un apostolat que vous serez appelé à exercer avec d'autres. Permettez-moi de vous en féliciter.

Rémi Tremblay.

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