‹ Études et récitsChapitre 29 sur 64 · ALAIN CHARTIER · texte numérisé non relu

ALAIN CHARTIER

Cet écrivain, qui fut poète et historien, naquit en 1386. On connaît peu de détails sur son enfance. Charles VII se l'attacha comme conseiller.

Chartier était un des hommes les plus laids de son .siècle, mais aussi un des plus beaux esprits. On se rapj.elle cette charmante anecdote racontée par Pasquier. Un jour, la reine Marguerite d'Ecosse vit Alain Chartier dormant profondément sur une chaise. Elle s'approcha alors du poète et lui donna un baiser, " chose dont s'estant quelques'uns émerveillés, parce que nature avait enchâssé en lui un bel esprit dans un corps laid," la reine répondit qu'elle avait baisé non pas l'homme, mais " la bouche d'où sortaient tant de mots dorés."

On cite parmi ses principaux ouvrages, \Histoire de Charles VII et le Qiiadri/ogue, où il se pose en quelque sorte comme juge de son époque. Malgré ses qualités, Alain Chartier est préférable cependant comme l^oète. Parmi ses nombreuses poésies, on remarque le le Débat du réveilmaiin, la Belle dame sans mercw le Livre des quatre dames, etc. Dans ses vers, Chartier n'évite pas assez la monotonie ; ce qui en rend la lecture fade et fatiguante. Alain Chartier est la souche de la célèbre famille de Lotbinière qui, aujourd'hui, est dignement représentée, au Canada, par la famille Harwood, de Vaudreuil.

XViE SIECLE

Le seizième siècle fut pour les lettres françaises une époque brillante, quoique impariaite sour le rapport de la forme ; il est au siècle incomparable de Louis XIV ce qu'est l'aurore d'un beau jour aux éclats éblouissants d'un soleil d'été.

Certes, un puriste aurait bien des choses à reprendre, à abattre de la faulx de sa critique minutieuse, dans les œuvres remarquables d'un Marot, d'un Fabelais et d'un Malherbe, mais peut-on trouver, non-seulement dans ce siècle, mais même dans l'époque la plus glorieuse et la plus mémorable de la littérature, le dix-septième siècle, des ouvrages parfaits sous tous les rap- })Orts ?

On a dit que " le style c'est l'homme," or celui-ci, dans l'ordre moral est imparfait, donc le style ne peut devenir parfait à la rigueur du mot ; certes, il peut posséder toutes les qualités littéraires, mais ne peut arriver à cette perfection rêvée du puriste, car la perfection véritable et entière n'appartient qu'au roi de toutes choses, à l'Eternel.

La langue française au seizième siècle, après s'être montrée bizarre avec Marot et pédantesque avec Ronsard, parvint à une grande pureté et à une douce harmonie sous la plume intelligente d'un Malherbe.

François 1er, surnommé le Père des lettres, fut au seizième siècle ce qne Colbert fut au dix-septième ; réunissant autour de lui tout ce que l'Europe comptait de plus illustre, il donna ainsi au trône de France une splendeur méritée.

78 ETUDES ET RECtTS

Parmi ces génies nombreux que la main royale protégeait, nous remar'juons Montaigne, Amyot, Marot et Ronsard.

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