‹ Études et récitsChapitre 30 sur 64 · RABELAIS · texte numérisé non relu

RABELAIS

Rabelais, que sa conduite scandaleuse avait fait chasser de son couvent (l'auteur de la Gargantua était un religieux de l'ordre de Saint-François), fut aussi luéprisé et rejeté de la cour de François 1er ; dans la suite, il s'en vengea en riant de ce rire hideux et s.itanique qui épouvanta le dix-huitième siècle en paraissant sur la figure de Voltaire !

Rabelais possédait un véritable génie ; mais la perversité de ses mœurs, l'impiété de ses maximes et la négation absolue de ses devoirs de prêtre et de citoyen en ont fait un auteur excessivement dangereux ; ses œuvres, quoique possédant réellement quelques beautés qui sont là comme des perles dans le fumier le plus infecte, sont un recueil de blasphèmes les plus terribles jetés à la face de Dieu et de tout ce qu'il y a de beau, de noble et de grand sur la terre, de pensées les plus obscènes et les plus basses, de propos les plus grossiers et les plus indélicats ; partout, à chaque page, à chaque ligne, à chaque mot, c'est un rire qui charme d'abord, passionne, entraîne et finit 'par épouvanter. Malgré la profanation évidente de ses devoirs d'homme, certains esprits de nos jours ont regardé ce prêtre apostat comme un rétbrmateur de l'Eglise.

" Arrière, s'écrie Jules Janin, arrière ceux qui font de ce bouffon un réformateur. A Dieu ne plaise qu'une réforme quelconque emprunte à jamais cette forme obscure et ce paradoxe rouillé ! A Dieu ne plaise que les mœurs de l'Eglise de France aient jamais été assez décriées pour être soumises à la satyre d'un mécréant ! Les plaisanteries contte les moines, qui font bondir de joie le lecteur frivole, François Rabelais ne les a pas inventées, il les puise dans tous les vieux fabliaux, dans

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les vieux auteurs, j^laisanteries aussi vieilles que les ])laisanteries contre les médecins, et dont le clergé s'in- (juiétait tout aussi peu que la Faculté de médecine."

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