LA LOI DU TRAVAIL
•• L'homme est fait pour travailler, comme l'oiseau pour voler," dit l'Ecriture sainte. Celui qui dédaigne le traAail ne répond pas à la haute mission pour laquelle il est sur la terre. Cette nécessité du travait a été imposée au premier homme en punition de sa désobéissance. Dieu, irrité de ce qu'Adam avait péché, lui avait dit : " Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front." Adam et toute sa postérité furent donc alors soumis à la loi du travail.
Toutes les nations de l'antiquité doivent au travail ce qui les a rendues glorieuses et puissantes, leurs grands hommes, leurs armées, leurs lois. Le travail des païens n'était, il est vrai, qu'ime soumission de leur nature et n'avait pas un but subtime et religieux ; tout était matériel.
Le Fils de Dieu, en venant sur la terre, fit du travail, non pas un joug, mais une douce nécessité ayant pour fin la gloire de Dieu et le bien de la société. Le chrétien doit donc considérer le travail, non comme une peine et un châtiment, mais comme un moyen efiîcace de parvenir à la plus haute perfection.
Rien ne dispense l'homme du travail, ni la fortun'-,
ni le rang, parce que seul le travail peut lui préparer une grande et véritable influence.
L'homme ne peut rien entreprendre sans lui. Conçoit-il un projet, ce projet exige pour son succès un certain nombre de mouvemenrs matériels et moraux chez une foule d'êtres qui ne dépendent pas dé lui. Seul, il est impuissant, mais s'il l'unit à l'action du Créateur, l'homme perd son impuissance, et son travail, se reposant en Dieu, produira de bons fruits. " Vous ne pouvez rien faire sans moi," a dit Jésus-Christ.
Souvent des hommes pervers se sont servi du travail ])our répandre dans la société humaine des principes funestes ; alors Dieu permet que de grands raauxarrivent ]jour montrer la faiblesse de l'homme lorsqu'il s'éloigne des autels de l'Etre suprême. Nous, chrétiens, nous sommes obligés dt travailler comme pêcheurs et comme soumis au Christ. Comme pécheurs, parce que nous sommes coupables par la chute de notre pri.mier père, et parce ([ue nous avons ercore péché par notre propre volonté ; il nous faut donc embrasser le travail comme une peine méritée que nous impose la justice divine et comme un moyen de nous réconcilier avec Dieu. Comme soumis au Christ, parce que nous devons chercher à imiter notre Sauveur qui a été dans les travaux dés sa plus tendre jeunesse.
Mais ceux qui- ne reconnaissent point le Christ et sa sublime doctrine, n'en sont pas moins obligés de travailler, car la loi du travail est une loi commune à tous les hommes.
Voyez, dans l'antiquité, ces écrivains de génie qui, pour trouver la gloire, ont pâli sur les livres ; ces généraux illustres qui ont appris et étudié pendant longtemps la stratégie de l'art militaire ! Tous les grands hommes que la terre a produits doivent leur science et leur gloire à un travail dur et incessant. Mais pour réussir dans ce qu'un homme projette, il faut la constance ; sans cette admirable vertu, l'homme ne peut
rien retirer de son travail, avec elle le travail devient fécond et produit de bons fruits.
Ainsi, travaillons, et parce que Dieu le veut et parce que cela est d:.ns nos intérêts, car l'homme oisif est sujet à tous les vices. Dans notre travail, ayons toujours devant les yeux ce but sacré : la gloire de Dieu et le bien de nos semblables.