‹ Études ÉvangéliquesChapitre 19 sur 28 · UN PEUPLE · texte numérisé non relu

UN PEUPLE

bien tard, et sous des influences dont nous aurons à parler^ que s'est formée la grande idée, si répandue aujourd'hui, de rhumanité considérée comme une personne ou du moins comme une société. L'idée même, le mot d'humanité eii»* tait à peine; c'est à peine si l'on parlait du genre humain; il ne faut donc pas s'imaginer qu'il pût être question de l'avenir, de la destinée, encore moins du salut de Vbor manité.

Toutefois, messieurs, en aucun temps, et moins encore autrefois qu'aujourd'hui, l'homme n'a pu se renfermer dans l'individualité. Ni les £uts ne le lui permettaient, m ses forces n'y suflSsaient en aucun cas ; car l'homme vient au monde sous la loi de la solidarité, et la société est à l'homme ce que le sol est à la plante. Il y a plus : l'idée d'individualité, dans ce qu'elle a de moral et de sublime, était depuis longtemps au-dessus de sa portée. S'il ne concevait pas l'humanité, qui fait de tous les êtres humains un tout, une imité, et pour ainsi dire une personne^ il n'était pas plus en état de concevoir l'individualité, en vertu de laquelle chacun s'appartient à soi-même, est une personne véritable, et ressortit à Dieu immédiatement; c'est-à-diie qu'il était également incapable de deux idées opposées, ou, pour parler plus exactement, incapable de réunir par la pensée les deux termes d'une seule et même idée, qui est celle de l'homme, idée qui n'est complète et même qui n'est juste qu'autant qu'elle embrasse et réunit les deux notions d'individuaUté et d'humanité. C'est dans l'entre-deux, sinon au milieu de ces deux pôles, que l'esprit humain chercha, et l'on peut même dire trouva, un point d'arrêt. Dans la double impossibilité d'être vraiment soi-même, et de s'unir de pensée et de cœur à l'humanité entière, la nationalité vint à son aide; la nationaUté, idée vraie en tant qu'elle n'est pas exclusive, idée iuste et bien-

ante quand nous la plaÇ'Ons dans la ligne ménie qui nil et fait aboutir l'une à Tautre les deux idées d'indi- Lialité et d'humanité. Mais iion^ la nationalité fat la néion de l'une et de 1 autre* La première^ Tindividualité, L s'y absorber^ ou du moins s^y amortir ; elle y perdit ^tôt son plus beau caractère et son application la plus *eUente : je veux dire b religion personnelle^ la cominication immédiate avec Dieu, la liberté intérieure de la nscience et de la pensée, parce que la nationalité, procént par voie d expropriation pour cause d'utilité publique, çlara bien national et fondit dans la communauté la relion des individus; si bien qu'il ne restade l'individualité iniainej comme résidu impur, comme lie grossierCj que gojsme* Pour ce qui est de Tidée d'humanité, ancienne imme celle de llndividualité, et née, on peut le dire, le ême jour que Thomme, elle était déjà presque entièremi effacée, ^et ce que Ût la nationalité, cet égoïsnie colpBf, cette personnalité à mille têtes, ce fut d'en faire di&- \mliTç jusqu'aux moindres veaiiges et jusqu'au dernier jivenir*

pûse^ messieurs, réclamer toute votre attention pour ce ]ilmportant qui domine toute Thistoire, ou plutôt dont [lanifeslations successives composent toute l'histoire» Li'on appelle l'histoire n'est, en effet, au point de vue pment humain^ que la chi^onîque des nationalités* Et ïlenant ce fait, vrai et légitime dans sa juste mesurCj l et funeste dans son exagération, comment est-ce que Ta traité? Dieu Ta-t-il repoussé, désavoué à cause de i? Non, messieurs. Dieu Ta accepté, il Ta consacré, en le rectifiant, et il en a tiré le plus grand parti; I l'a fait servir, chose admirable t à la restaunition des : idées dont la conciliation et riiarmonje constituent la noUon de rhomme et la vérité à^ Yem\aTO:.'ù\sNk-

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