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dé ^ il ne nous paraît pas trop téméraire d'en essayer encore une fois l'analyse et l'explication.
Les cinq premiers versets constituent par eux-mêmes une sorte de préface générale qui résume de façon abstraite le thème de l'Evangile, à seule fin de le rattacher, dès l'abord et définitivement, à la notion du Logos, dont il ne sera plus parlé qu'une fois dans la suite du prologue, et qui ne sera pas même nommé dans le corps du livre-. Cette préface n'est pas moins remarquable par la forme que par le contenu. Elle renferme dix propositions réparties en trois groupes, chaque proposition et chaque groupe étant reliés entre eux par un artifice assez analogue à celui qu'on remarque dans certains psaumes, et qui consiste à reproduire, au commencement d'une proposition, le dernier mot ou le mot le plus important de la proposition précédente. Dans chaque groupe, on pourrait presque dire dans chaque strophe, la première proposition se présente comme une assertion, la seconde ou les deux suivantes comme un développement, et la dernière comme une conclusion. Les propositions, sans être soumises à une mesure rigoureuse, sont de longueur proportionnée et ne laissent pas d'avoir une certaine cadence musicale. Il va sans dire que cet arrangement n'est pas l'effet du hasard, qu'il a été dûment réfléchi, voulu, préparé par l'auteur, et qu'on aurait tort de le négliger dans l'inter-
1. Maldonat, II, 399 : « Minus, meo judicio, difficilis hic locus esset (il s'agit du v. 5), si nemo exposuisset. Nam per se facilem varietas interprelum difficilera reddidit. »
2. Les passages de l'Évangile où il est question de la parole du Christ ou de la parole de Dieu ne se réfèrent pas à la conception du Verbe éternel.
prétation du texte. On le reconnaît au premier coup d'œil en lisant l'original *, et même dans une traduction :
1. Au commencement était le Verbe, Et le Verbe était en Dieu,
Et le Verbe était Dieu.