Grill
4. La remarque d'Origène [In Ev. Joan. t. II, 2; éd. Brooke, I, 58^ ne laisse pas d'être fondée : TtÔT^st [xàv yàp (ô 'IcDatvvifjç) rb àpOpov ô're vj 6eb; ôvofxaai'a ItzX toù àysyT^TOu TOtafferat twv oXwv alxi'ou, ffiwTra Se aùrè ore 0 ÀÔYoî ôeôç civo[j.âÇ£Tat .... AùtôOeoç ô Oeôç. Il convient néanmoins d'observer que, si ô 6eôç désigne le Père, 6eôç n'est pas employé absolument pour désigner le Verbe, mais seulement comme attribut pour faire connaître sa nature.
« était au commencement en Dieu » : tel est son rapport avec le Créateur. Et voici dans quel rapport il se trouve avec la créature : « Tout a été lait par lui. » Le monde a été créé par le V^erbe, non qu'on retire à Dieu la puissance créatrice, pour l'attribuer au Verbe seul, mais parce que celui-ci est présenté comme la cause intermédiaire de la création. Dieu a créé le monde par son Verbe. Dieu s'exprime lui-même par son Verbe, il crée par son Verbe, il se révèle par son Verbe. Le Verbe est l'intermédiaire entre Dieu et le monde; il l'est par sa fonction, mais non par sa nature, qui est proprement divine ; il ne sert pas à combler l'abîme qui sépare du monde le Dieu abstrait de Philon ; car le Dieu de Jean est réel et vivant. Les relations du Verbe avec Dieu sont de personne à personne, et la transcendance de Dieu et du Verbe à l'égfard du monde n'est pas extérieure, essentiellement physique, mais c'est une opposition d'ordre intérieur, spirituel et moral, qui n'exclut aucune forme ou degré d'action immédiate dans la nature '. Le Verbe n'est pas l'instrument dont Dieu se sert pour créer le monde; il est la Parole subsistante à qui la puissance divine est communiquée, en qui elle réside, en qui elle repose, pour ainsi parler, avant de se manifester dans l'œuvre de la création. Bien que Dieu crée par son Verbe, le Verbe n'existe pas pour la création ; il existe pour le Père, dans le sein duquel il était au commencement, « avant que le monde fût ~ ».
Tous les êtres créés sont venus à l'existence par le Verbe : il n'y a pas d'exception. Par une sorte de parallélisme antithétique, la proposition affirmative : « Tout a été lait par lui », est complétée par une proposition négative : a Et rien n'a été fait sans lui. » Si l'Évangile