‹ Études évangéliquesChapitre 118 sur 260 · HoLTZM.\.NX · texte numérisé non relu

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4. « Mirum quanto consensu veteres interprètes de Verbo antequam caro fieret hune locura intelligant ». Maldonat, II, 405.

5. « Erat lux vera quae illuminât omnem hominem yenientem in hune mundura. »

lôO ÉTUDES ÉVANGÉLIQUES

de la lumière éternelle qui éclaire tout homme venant au monde, soit par le don de la raison naturelle, soit par le don surnaturel dfe la foi, sans que d'ailleurs les hommes aient jamais profité de ces faveurs. Puis le fil du récit se retrouverait : a il vint chez lui et les siens ne le reçurent pas. » Ces grands écarts d'idée ne sont aucunement suggérés par la teneur du discours, et rien n'est plus facile à suivre qu'une chaîne dont tous les anneaux se déroulent un à un, en sortant l'un de l'autre : Jean est venu ; il était envoyé pour rendre témoignage à la lumière ; la lumière, la vraie ^, celle qui mérite ce nom bien plus que celle dont s'éclairent nos yeux, parut alors dans le monde, et c'est pour cela que Jean a pu lui rendre témoignage; elle est venue dans le monde et n'y a pas été reçue; mais il y a pourtant des hommes qui en ont profité, qui ont cru en celui qui est la lumière, et qui par lui sont devenus enfants de Dieu -. Ayant déclaré que Jean n'était pas la lumière, mais qu'il devait lui rendre témoignage, l'évangéliste continue tout naturellement : « La lumière vraie était » auprès de Jean qui témoignait pour elle ; cette lumière (c qui éclaire tout , homme », celle dont on a dit plus haut qu'elle brille dans les ténèbres, et qui , depuis qu'elle est entrée dans le monde avec le Verbe incarné, ne s'est pas éteinte, « la lumière vraie venait (était venant) dans le monde ». Le complément :

1. V. 9. TO cpwç To àXiriôtvov. La w vraie » lumière ne s'oppose pas à une lumière imparfaite, si l'on entend par là une lumière de même ordre (cf. supr. p. 137, n. 2), mais à une lumière d'ordre inférieur, la lumière sensible qui n'est pas proprement la lumière. C'est ainsi que Jean dira « les vrais adorateurs » (iv, 23); « le vrai pain » (vi, 32); « la vraie vigne » (xv, 1). Cf. Holtzmann, 44.

2. « Ciim, remotisauctoribus, verba considero, perspiceremihi plane videor, Joannem de Verbo loqui facto jam carne... Quis enira non videt eodem contextu, eodem tenore ac proinde eodem sensu dicere : In mundo erat, quo statira dicet : In propria venit ? Cura autem dicit : In propria venit, haud dubie de adventu in carnera loquitur. » Maldonat, II, 406.

LE PROLOGUE DU QUATRIÈME ÉVA>'GILE 15i

« venant dans \c monde ' », n'ajoute rien a l'idée de « tout homme ». L'insertion de l'incidente : « qui éclaire tout homme », entre le sujet : « la vraie lumière », et le complément : « venant au monde »,n'a rien d'irrégulier -, car l'auteur est pressé de qualifier la vraie lumière avant d'indiquer sa venue ; il veut d'abord la caractériser par son effet, en regard de celui qui lui rend témoignage, et pour montrer que c'est la même qu'il a déjà célébrée plus haut. D'autres passages de l'Evangile présentent des constructions analogues '^. On conçoit que Tévangéliste puisse dire ensuite, ayant en pensée celui qui est la vraie lumière: ({ 11 était dans le monde, dans le monde qui a été fait par lui, et le monde ne l'a pas connu. » Serait-il donc si surprenant ((ue le monde n'eût pas connu le V^erbe avant Tincarnation ^ ? L'auteur ne parle pas d'autre lumière que de celle du salut. Jésus la propose à tous les hommes, mais tous ne la reçoivent pas. La lumière « (\u\ vient » est le Messie, « celui qui doit venir ^ », et cette allusion à un titre messiani<jue convient mieux au Verbe incarné qu'au Verbe avant l'incarnation ^.

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