‹ Études évangéliquesChapitre 131 sur 260 · V. 15. OuTOÇ 71V OV etTTOV · texte numérisé non relu

V. 15. OuTOÇ 71V OV etTTOV

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La leçon b e'iTrwv (dans BC), au lieu de ov eTtcov, est une correction maladroite de recenseurs qui ne comprenaient pas comment les paroles citées pouvaient avoir été dites auparavant par Jean-Baptiste. Le ms. N omet tout à fait 5v eiTrov.

On ne peut voir dans ces paroles qu'un résumé du témoignage rendu à Jésus par Jean-Baptiste, et dont on lira plus loin le détail. Ce résumé ne laisse pas d'être fait selon l'esprit de l'évangéliste plutôt que selon la lettre des discours attribués à Jean par la tradition. Pour en bien comprendre la portée, il faut distinguer, dans l'exposé du quatrième Évangile, deux moments qui correspondent à ce que les Synoptiques racontent touchant les discours de Jean sur le Messie, et le baptême de Jésus. De même que Jean- Baptiste dit dans les Synoptiques, avant que Jésus se présente au baptême : « Un plus fort que moi vient derrière moi, et je ne suis pas digne de dénouer les cordons de ses souliers » ; de même, dans le quatrième Evangile, le Précurseur, avant d'avoir vu Jésus, a fait une déclaration touchant le Messie plus grand que lui-même, qui vient après lui. et il explique cette supériorité du Messie à venir par son origine éternelle, circonstance qui n'est pas dans les Synoptiques, mais qui est en rapport avec la doctrine générale du quatrième Evangile, notamment avec les principes formulés dans le prologue. La rencontre avec Jésus est arrivée ensuite. Parmi les trois Synoptiques, Matthieu seul fait entendre expressément que Jean a reconnu le Messie en Jésus, et le quatrième Evangile s'accorde ici avec le premier '. Quand Jean-Baptiste a vu descendre le Saint-Esprit sur Jésus, il a reconnu en lui le .Messie éternel qu'il attendait, et dont il avait annoncé la venue, L'évangéliste prend à ce second moment le témoignage du Baptiste, en lui faisant rappeler le premier. Dans ce premier moment, il semblerait que le Précurseur vise déjà un fait accompli en disant que celui qui vient après lui est passé devant lui ; mais il n'en use ainsi que pour

1. Mais Matth. ;ii, 14-15, suppose que Jean connaissait le Christ avant de le baptiser, tandis que, d'après le quatrième t^vangile, Jean n'a reconnu le Fils de Dieu qu'à la descente de l'Esprit.

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marquer plus d'assuiance dans sa prophétie, l^e Messie est encore à venir, et par conséquent la supériorité qu'il doit avoir sur le Précurseur ne paraîtra que plus tard 1.

La formule : « celui qui vient après moi », pour désigner le Messie, est empruntée à la tradition synoptique '^. L'assertion : « il est devenu avant moi ) >, équivaut à ce qu'on lit dans les trois premiers Evangiles : « il est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de dénouer ses sandales. » Cette assertion n'est pas à entendre de la préexistence du Messie relativement à Jean- Baptiste, ou bien l'on émousse la pointe du discours. La tournure de la phrase est énigmatique à dessein, mais non pour induire le lecteur à contresens. On veut que les propositions « a])rès » et « devant » soient à prendre toutes les deux comme indiquant la circonstance du temps -K Mais les deux mots grecs ont originellement rapport à resj)ace, et, même dans le cas présent, la traduction littérale du texte serait : « Celui qui vient derrière moi est devenu datant moi. » 11 vient derrière et par conséquent semblerait être l'inférieur de celui qui le précède, et il se trouve devant parce qu'il lui est infiniment supérieur. Cette supé riorité lui vient de ce qu'il existait réellement avant Jean- Baptiste, c'est-à-dire dès l'éternité ^. L'idée serait singu-

1. « Credo ego ad divinam praedestinalionem ordinalionemque référendum, tanquam dicat : Ante me factus est, id est praedestinatus, designatus, constitutus est a Deo in majore dignitatis gradu, ut rex, ut redemptor sit, cum ego redemptoris tanlum minister sim. » Maldonat, 11,422.

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