‹ Études évangéliquesChapitre 162 sur 260 · Cf. ScHANZ · texte numérisé non relu

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l'eau et l'esprit 213

sition incidente n'est pas subordonnée aux deux propositions qui précèdent : « Nul n'est monté au ciel, sauf celui qui en est descendu » ; elle détermine simplement la qualité du « Fils de l'homme », par l'indication de son rapport actuel ou permanent avec le ciel. Beaucoup de Pères et d'interprètes catholiques ' entendent le passage dogmatiquement et l'expliquent par la distinction des deux natures ^, ce qui est une traduction théologique plutôt qu'une analyse de l'Esangile. Certains commentateurs protestants ^ donnent à tout le passage un sens moral et figuré : Jésus, dans son humanité, aurait été élevé au ciel par son union intime avec Dieu, d'où résultait en lui un commerce assidu avec le Père, principalement depuis son baptême. Mais ni le texte, ni le contexte, ni la conception johannique de la science du Christ ne justifient une pareille atténuation du sens littéral. Ce n'est point du tout parce que Jésus aurait été élevé jusqu'à Dieu, qu'il est le révélateur des choses célestes, c'est parce que le Verbe divin, venu du ciel, parle en Jésus, avec la science qu'il apporte du ciel, d'auprès du Père ^. Au sens littéral, on n'affirme pas réellement que Jésus soit monté au ciel, on affirme que le Fils de l'homme en est venu, et qu'il y est. Y est-il seulement en ce sens que là est sa vraie patrie, son séjour naturel \ et faut-il admettre que la proposition n'a un sens complet que dans son interprétation spirituelle, au point de vue de l'évangéliste, dont la pensée va au Christ glorifié ^, retourné au ciel, rentré dans la gloire du

1. Cf. s. Thomas, S. th. p. 3, q. 5, a. 2, ad. 1; Schanz, 175-176.

2. a Ascendisse jam tune dicebatur, non quod divina ascendisset natura,... . neque quod ascendisset humana,.... sed per conimunicationem idiomatum, qua Filius hominis, cum in terra esset, in caelo quoque esse dicebatur, quia idem Deus erat. et Deus erat in caelo. » Maldoxat, II, 487.

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