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L EAU ET l'esprit '217
(Ion se rapporte en général à la mission du Christ sur la terre ' et ne vise pas principalement sa mort ^, lors même qu on ne devrait pas entendre « donner » au sens de « livrer, abandonner », mais dans le sens ordinaire de « faire présent ^ ». Livré à la mort, ou donné au monde, celui dont on parle est le Fils de l'homme, élevé en croix pour être élevé en gloire. Dans l'usage de la langue johannique, le « Fils monogène » est plutôt le Verbe incarné que le Verbe avant l'incarnation, bien qu'il puisse désigner l'un ou l'autre, le « Fils monogène » étant un des noms du \'erbe, une de ses définitions, un type éternel du Messie. Il paraît nécessaire d'attribuer à celte qualification une portée métaphysique, et impossible de la ramener à l'idée de « fils chéri ^ » ; tout au plus peut-on soutenir que, la notioti du « Monogène divin » ou du « F'ils monogène » étant à la fois métaphysique et historique, la relation du Monogène au Père est conçue en même temps comme transcendante et morale, fondée sur l'origine et traduite en amour.
C'est pour l'accomplissement d'un dessein d'amour que le Fils monogène a été envoyé sur la terre. Il n'est pas venu pour juger le monde ; il est venu pour le sauver, pour sauver du moins, en effet, tous ceux qui voudront croire. Cette assertion du Christ johannique va directement contre l'idée que les Juifs se faisaient du Messie et de son rôle. L'essentiel de la fonction messianique était le jugement: Jésus déclare que c'est le salut. Quant au jugement, il se fait de lui-même, sans que le Fils ait à s'en occuper autrement, par la distinction radicale qu'établissent entre les hommes l'acceptation ou le refus de la foi en celui que