Opinion de Schaxz
Messie, tout en supprimant ce qui, dans le symbole, était le principal, à savoir le caractère extérieur, visible, et on peut même dire matériel de la punition. L'évangéliste n'abandonne pas cependant la donnée synoptique du jugement dernier, mais il la dédouble, sans la détacher de ses origines judaïques, pour en l'aire une réalité actuelle, qui se produit dans le domaine de la foi, et un symbole eschatologique, dont l'accomplissement au delà des temps sera comme la conclusion ou la consommation de ce qui a lieu maintenant. 11 fait un jeu de mots et un jeu d'idées. Le terme qu'il emploie ^ signifiant a jugement » et « discernement », Jean donne à entendre que « le jugement » n'est autre chose que le « discernement » des bons et des méchants, opéré par le seul fait de la prédication évangélique, et par l'attitude que les hommes prennent à son égard. Cette ingénieuse combinaison de pensées se fait par le moyen de la langue grecque. Il ne faudrait pas croire qu'elle remplace tout à fait la conception traditionnelle du jugement dernier. Jésus parlera encore du jugement et annoncera le dernier jour ; mais la matière de ce jugement est déjà toute prête par la séparation qui se fait en ce monde entre ceux qui écoutent le Sauveur et ceux qui rejettent sa parole; c'est cette parole qui, à la fin, jugera ~ les incrédules. Bien que le jugement dernier ne soit pas mentionné expressément ici, on peut dire qu'il est dans la perspective du discours.
Les commentateurs se demandent à qui l'on doit attribuer les considérations qui terminent l'entretien du Sauveur avec Nicodème, et, pour le cas où une partie serait à prendre comme une explication ajoutée par l'évangéliste, où commence cette partie. Il semble qu'on n'eût pas proposé à ce sujet tant d'hypothèses contradictoires, si l'on