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L EAU ET L ESPRIT
n'avait poursuivi une distinction impossible, quand il s'agit des discours du quatrième Evangile, entre ce qui a pu être dit textuellement par Jésus et cequel'évangéliste a entendu présenter comme parole du Seigneur, sans en garantir l'authenticité historique. Les arguments par lesquels on s'efforce de détacher du discours une partie plus ou moins considérable des réflexions annoncées sous la désignation générale de « choses célestes ' », tendent à montrer que le Sauveur n'a pas dû parler de la sorte; qu'on reconnaît le style de l'évangéliste; que la forme de dialogue est abandonnée; que Nicodème paraît oublié depuis quelque temps lorsque s'achèvent les explications données au sujet du jugement. Beaucoup de commentateurs - pensent que l'évangéliste parle en son propre nom depuis ces mots : « Dieu a tant aimé le monde, etc. ^ », parce que a le monde » et le a Fils monogène » sont des termes purement johanniques. On a pu dire '* aussi que, depuis la formule : « Et nul n'est monté au ciel, etc. ^ », le dialogue n'existe plus ; il est parlé du Christ à la troisième personne, et l'auteur a pris la place des interlocuteurs. Les plus modérés ^ ne lui attribuent que l'explication finale : a Or, voici » en quoi consiste a le jugement : c'est que les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, etc. ». .Mais l'emploi du mot « hommes » et du passé (aoriste) n'est pas décisif en faveur de cette hypothèse ; ou bien il faut exclure du discours, à cause du mot « monde » et du verbe au passé, la déclaration : a Dieu a tant aimé le. monde, qu'il a donné son Fils unique. » A ce coQipte, il faudrait tout contester; car l'artifice du dia-