‹ Études évangéliquesChapitre 179 sur 260 · Matth. XXVIII · texte numérisé non relu

Matth. XXVIII

celle-ci n'est pas devenue encore la montagne de la résurrection. Le dialogue rapporté par les Synoptiques est simplifié, dans le quatrième Evangile, pour une raiso» didactique. La remarque préliminaire des disciples r (( Renvoie ces gens pour qu'ils aillent s'acheter desvivres », a dû être supprimée. L'intention de leur donner à manger sur place n'est pas manifestée directement ;. elle s'associe à l'idée d'un achat de vivres, qui, au lieu d'être suggérée comme impossible par les disciples euxmêmes, est présentée par Jésus, qui éprouve ainsi la foi de ses apôtres ^. Il va sans dire que, dans cette occasion comme en d'autres semblables, l'interlocuteur de Jésusdonne dans le piège et ne comprend pas la juste portée de sa parole. Philippe est seul mis en cause. Pourquoi Jésus s'adresse-t-il à lui de préférence ? Ce n'est pas^ qu'il fût chargé des provisions, ou qu'il eût besoin d'une leçon 2. L'auteur du quatrième Evangile spécialise volontiers certains détails, et peut-être avait-il quelque intérêt à rappeler le souvenir de Philippe ^, comme d'un personnage connu dans le milieu où lui-même écrivait. Philippe répond, avec assurance, que deux cents deniers de pain ne suffiraient pas pour en donner un peu à tout le monde. U n'en faut pas conclure que les deux cents dçniers représenteraient le contenu de la bourse apostolique ^. Philippe ne dit pas qu'on ait les deux cents deniers ; il observe seulement que cette somme, considérable à son estimation d'homme du peuple, ne serait pas suffisante pour l'objet que se propose Jésus. L'évangéliste n'a fait que modifier légèrement et interpréter la réplique des-

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