‹ Études évangéliquesChapitre 181 sur 260 · Mever-Weiss · texte numérisé non relu

Mever-Weiss

tation figurée du texte synoptique. L'auteur paraît beaucoup moins préoccupé de ses souvenirs que de ses lecteurs et de la leçon qu'il veut leur inculquer. L'espèce de notice qu'il consacre à André ne semble pas tant faire ressortir le personnage de cet apôtre ^ que l'importance de l'incident auquel il est mêlé . Tous les lecteurs de l'Évangile connaissaient André avant qu'on leur parlât de lui, comme ils devaient connaître aussi Philippe. Le trait du jeune garçon avec ses pains d'orge doit avoir, dans la pensée de l'évangéliste, une signification qui nous échappe. Dans le récit des Rois, où l'on voit Elisée nourrir cent hommes avec vingt pains d'orge, le serviteur du prophète dit : « Qu'est-ce que cela pour cent hommes ? » La réflexion d'André : « Qu'est-ce que cela pour tant de monde », si naturelle qu'elle soit, paraît avoir été écrite sous l'influence de ce passage des Rois ^. La qualité des pains, qui n'est pas indiquée dans les Synoptiques pourrait avoir été suggérée par la même source. Les pains d'Elisée sont des pains de prémices, et, d'après l'époque assignée par l'évangéliste au miracle de Jésus , ceux que le Sauveur va distribuer ont un caractère analogue. Ce n'est pas comme pain des pauvres ^, mais comme pain de la saison, pain rappelant les fêtes pascales ^, que les pains d'orge figurent dans le récit évangélique. Le jeune garçon n'est pas censé au service des apôtres, mais il tient bien, en quelque façon, la place du serviteur d'Elisée, parce qu'il devient, jusqu'à un certain point, le diacre de Jésus. Dans la pensée de l'évangéliste , il semble représenter les

1. Meyer-Weiss, 234. D'après Holtzmann [loc. cit.), lévangéliste oublierait qu'il a déjà présenté André au lecteur (i, 46).

2. II (IV) Rois, iv, 42-44. Dans ce récit, la version des Septante désigne le serviteur d'I^^lisée par le mot XeiToucyô;; dans le récit précédent, par Tratoàpiov, qui est le mot employé dans notre passage.

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