‹ Études évangéliquesChapitre 186 sur 260 · Meyer-Weiss · texte numérisé non relu

Meyer-Weiss

quand le peuple est venu le trouver; et d'autre part, selon l'économie du récit, il n'est pas descendu, le repas ayant été donné à l'endroit même où était le Sauveur. On a vu que la première ascension est un trait proprement johannique, et qui reste tel quand même il aurait été suggéré par le récit de la seconde multiplication des pains en Matthieu ; ce trait doit être en rapport avec le symbolisme du récit dans le quatrième Evangile, tandis que la seconde ascension est un détail emprunté à l'Evangile synoptique, pour rejoindre celui-ci* et introduire le récit de la marche sur les eaux. Selon Marc et Matthieu ', Jésus est au bord du lac pour la multiplication des pains; comme s'il voulait rester seul, il fait embarquer ses disciples, puis il congédie la foule et se retire sur la montagne pour prier. C'est ce dernier trait seulement, sauf la circonstance de la prière, qui est repris par Jean, après l'espèce d'interpolation pratiquée par lui dans la relation synoptique, entre le miracle et la retraite sur la montagne. Le sommet dont il a été parlé d'abord n'est pas le lieu assigné au miracle par les premiers Evangiles; c'est l'endroit convenable au symbolisme de la multiplication des pains , figure du pain de vie ; et c'est aussi un endroit convenable pour le projet du peuple, qui correspond à la troisième tentation dans Matthieu ^. Ce rapport avec la montagne de la tentation n'exclut pas celui qui existe avec la montagne du Discours. Les deux semblent avoir été perçus plus ou moins directement par le narrateur ; et déjà dans le premier Evangile il y a une sorte de parenté mystique entre tous ces sommets, montagne de la tentation, montagne du Discours, montagne de la transfiguration, montagne de la résurrection. Ce qu'on lit ici du projet de la foule est tout ce que le qua-

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