‹ Études évangéliquesChapitre 2 sur 260 · VI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT-PROPOS

conditions et le thème de la prédication évangélique. Il ne semble pas que l'authenticité générale des paraboles puisse être raisonnablement contestée. L'originalité de quelques-unes paraît même avoir été niée sans motifs suffisants, attendu que l'originalité, en matière de fables, ne consiste pas nécessairement dans la création de récits nouveaux, mais tout aussi bien dans une façon nouvelle de conter ou d'interpréter des récits déjà connus. Plus délicat est le prol)lème du rapport qui existe entre les paraboles que nous lisons dans les Evangiles et celles que le Christ a prononcées. La tradition n'a ni pu ni voulu garder scrupuleusement la lettre de ce que Jésus avait dit. Aurait-elle mis du sien dans les paraboles ? La comparaison et l'analyse des textes accusent des modifications et des additions qui, souvent, dérangent l'économie des récits paraboliques, et qui y ont été insérées pour en élargir l'application au moyen d'interprétations allégoriques. Le fait est significatif, et il est de conséquence, non seulement pour l'appréciation des paraboles, mais pour celle de la tradition évangélique et de la composition même des Évangiles. Que l'on ait soumis les paraboles à un procédé exégétique qui était censé la clef de l'Ancien Testament, et qui était devenu, pour ainsi dire, la forme naturelle de la pensée chrétienne, il n'y a pas Heu de s'en étonner. Mais il est peu croyable que ceux qui avaient d'abord entendu les paraboles se soient mis plus tard à la poursuite de sens plus profonds, dont leur esprit ne pouvait sentir aucunement le besoin, et il paraît évident que les développements allégoriques, dont certains récits ont été pourvus, sont comme interpolés dans une première rédaction écrite où il n'y avait pas trace d allégorie. Ainsi les paraboles ont une histoire assez complexe, jusqu'au temps où leur texte a été définitivement fixé dans les Evangiles canoniques.

La parabole primitive n'était qu'une fable, simple et claire, dont l'application concernait le royaume des cieux annoncé par le Christ. On verra que nul genre d'enseignement ne convenait mieux au prédicateur et aux auditeurs de l'Evangile. La conception théorique des évangélistes, d'après laquelle Jésus aurait adopté le genre parabolique afin de dérober aux Juifs, réprouvés de Dieu, la connaissance des vérités salutaires, est inconcevable comme donnée psychologique et historique ; c'est

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