‹ Études évangéliquesChapitre 3 sur 260 · AVANT-PROPOS VII · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS VII

une vue de philosophie religieuse dont l'historien peut entrevoir l'origine et les motifs; elle est en rapport avec l'idée de la parabole mvstérieuse et allégorique, et elle a servi à expliquer l'insuccès de l'Evangile auprès des Juifs. Ces spéculations se sont produites au fur et à mesure que se perdait le sentiment de ce qu'avaient été les paraboles et de ce qu'elles avaient signifié dans la bouche du Sauveur. Un travail analogue d'idéalisation progressive et d'interprétation symbolique s'est opéré sur les faits traditionnels. De même que la fable du Festin, dans Matthieu, et celle des Mines, dans Luc, sont devenues de petites apocalypses, le récit de la prédication à Nazareth, qui est, dans Marc ', un incident du ministère galiléen, où l'on fait ressortir l'incrédulité des concitoyens de Jésus, comme on a signalé plus haut- celle de sa famille, devient, dans Luc '^, une figure de l'accueil fait à l'Évangile par les Juifs, et de la réprobation d'Israël au profit des Gentils. Et comme l'allégorisation des paraboles aboutit, dans les discours du quatrième Evangile, à l'allégorie pure, qui se substitue à la parabole primitive, l'allégorisation des faits, qui est partielle dans les Synoptiques, devient, dans l'Evangile johannique, un système qui embrasse toute l'histoire du Christ, et dans tous ses détails.

Rien n'était moins mystérieux que l'objet des paraboles. Jésus voulait, au moyen de comparaisons et d'apologues, persuader à ceux qui l'écoutaient de se tenir prêts pour l'avènement du royaume céleste, les gagner à cette espérance, leur inspirer confiance dans la miséricorde divine et dans l'efficacité de la prière. Les principes très simples de son enseignement étaient illustrés par des récits plus simples encore, et tout populaires de fond et de forme. Les paraboles de l'Évangile étaient aussi intelligibles que des fables peuvent et doivent l'être. Jésus prouvait la nécessité d'être prêt pour le royaume des cieux, en racontant l'histoire des dix jeunes filles dont cinq manquèrent le festin nuptial à cause de leur négligence ; il prouvait et justifiait la bonté de Dieu à l'égard du pécheur repentant, en citant le cas du père qui se réjouit quand

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