‹ Études évangéliquesChapitre 203 sur 260 · Marc, viii, 14-21 ; Matth. xvi · texte numérisé non relu

Marc, viii, 14-21 ; Matth. xvi

une allégorie, et où la métaphore du pain fournit la matière d'un multiple enseignement.

Voici donc ce que « murmuraient » les Juifs : a N'est-il pas Jésus, le fils de Joseph, dont nous connaissons le père et la mère? Comment peut-il dire maintenant qu'il est descendu du ciel. » 11 n'est pas possible, évidemment, de raisonner avec une simplicité plus grossière sur la doctrine spirituelle que le Christ vient de signifier. D'où vient ([ue tout ce monde est si bien au courant de la parenté de Jésus * ? Joseph et Marie étaient-ils connus de toute la Galilée ? En pressant le discours, on ferait presque dire aux Galiléens que Joseph vit encore ^. Il n'est assurément pas invraisemblable qu'un certain nombre de personnes, en dehors de Nazareth, aient pu connaître Joseph et Marie, et un plus grand nombre savoir leurs noms. Mais ce qui se lit en cet endroit du quatrième Evangile est très facile à entendre comme un écho de ce que disent les habitants de Nazareth, selon les Synoptiques ^, lorsque Jésus vient prêcher dans leur synagogue. L'insuccès du Sauveur dans son pays ne figure-t-il pas, en quelque manière, l'insuccès de la prédication évangélique auprès des Juifs? Notre auteur l'a ainsi compris, à l'exemple de Luc, et il transpose les paroles que rapportent les premiers Evangiles; il transpose même la synagogue, car on peut croire que la synagogue de Capharnaùm, dont il sera question plus loin, fait pendant à la synagogue de Nazareth. Quant à ce que disent les Juifs sur le père de Jésus, il ne prend pas la peine de le combattre.

Certains critiques ont argué de ce passage pour soutenir que Jean n'admettait pas la conception virginale. Le silence

1. Maldoxat (II, 606) posela question, et la résout assez facilement en admettant que l'auditoire est formé d'habitants de Capharnaiim ; mais celte supposition est contredite par l'Évangile.

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