‹ Études évangéliquesChapitre 204 sur 260 · Marc, vi, 1-6; Matth. xiii, 53-57; Luc, iv · texte numérisé non relu

Marc, vi, 1-6; Matth. xiii, 53-57; Luc, iv

de l'évangéliste sur ce point ^ a été expliqué plus haut. Ici, l'auteur ne fait autre chose que reproduire l'opinion des Juifs sur l'origine de Jésus, et ce qu'il oppose à cette opinion est l'idée de l'origine céleste, éternelle, du Verbe incarné. L'idée delà conception virginale n'aurait pas été suffisante, à son point de vue, pour écarter l'erreur judaïque: de ce que Jésus est né d'une vierge, on ne conclurait pas qu'il est le pain vivant, descendu du ciel. Naturelle ou surnaturelle, l'origine terrestre est laissée de côté par Jean, préoccupé uniquement de l'origine céleste et divine. S'il ne répond pas à l'objection des Juifs, c'est qu'il ne regarde pas cette objection comme la cause réelle, mais bien comme l'effet de leur incrédulité ^. Peu importe l'origine terrestre de Jésus, s'il apparaît manifestement comme l'incarnation du Verbe éternel. Les Juifs ne songeraient pas à tirer argument de ce que semble avoir été sa naissance temporelle, et des circonstances qui y touchent, s'ils étaient capables de comprendre le don qu'il offre au monde, la grandeur surnaturelle de sa mission, le caractère divin de sa personne.

Mais pourquoi les Juifs sont-ils incrédules, si l'objection qui paraît les arrêter n'est pas la raison profonde et véritable de leur incrédulité? Jésus l'a déjà dit ^ : ceux-là seulement viennent à lui que le Père lui a donnés. Il redit la même chose sous une autre forme, c'est-à-dire que l'évangéliste poursuit l'explication de sa propre pensée, cette explication transcendante de l'incrédulité judaïque n'ayant pas pu être proposée dans une conversation réelle entre Jésus et ses auditeurs. La provenance n'en est pas difficile à établir : on se trouve encore en présence d'une transposition et d'une interprétation de la

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