HOLTZMAX.N
plan dans ce qui est dit des Israélites; mais cette mort naturelle implique la mort spirituelle et la mort éternelle. Pareillement, c'est la vie spirituelle et éternelle qui est plus ouvertement signifiée dans ce qui est dit des fidèles ; mais cette vie implique la résurrection qui sauve le corps de la mort naturelle. J^e jeu de mots et de pensées existe surtout par rapport à nous, l'auteur ne s'étant pas inquiété des distinctions que nous introduisons dans ses conceptions mystiques pour les analyser.
Le pain dont il s'agit, et qui empêche de mourir, n'est pas non plus seulement le pain de la doctrine, l'aliment de la foi : c'est Jésus et le salut qu'il apporte, sous toutes les formes et de toutes les façons dont ils sont donnés aux fidèles. Ce pain descendu du ciel et qui assure l'immortalité n'est pas autre que Jésus lui-même accepté par la foi et communiqué en chair et sang dans l'eucharistie. Les Pères qui, depuis Ignace d'Antioche, ont vu dans la communion eucharistique un gage de la résurrection glorieuse, sont tout à fait dans la tradition johannique. En disant que le pain donné par lui est sa propre chair, Jésus marque assez clairement que cette chair même devient un aliment pour le fidèle ; mais comment devient elle, en tant que chair, un aliment pour le croyant, si ce n'est dans l'eucharistie ? A quoi bon parler de la chair, si ce n'est par rapport au sacrement? H est vrai que la construction elliptique du discours permet à certains commentateurs d'éluder le sens qui résulte naturellement de ces paroles : « Et le pain que je donnerai est ma chair, pour la vie du monde K » On peut lire, sans faire honte à la grammaire, et on lit '^ : « Le pain que
1. V. 51. xal b apTOç Se &v Èyo) SaxTO) q (îâpÇ [jloû ècTiv ÛTisp tt,ç toU xo(j[xou ^a)f|Ç. Leçon glosée, dans le texte reçu, par l'addition de i^v èyo) 0(05(0 après scttîv, régularisée pour la construction ,dans le rns. X, par la transposition de la finale ÛTtàp t. t. x. ^ avant /, liç; aou.