‹ Études évangéliquesChapitre 212 sur 260 · J. RÉVILLE · texte numérisé non relu

J. RÉVILLE

3. Cf. III, 15-16 {supr. p. 215) où l'on trouve associés la mort de la cr6ix avec lexallation de la gloire, et le don du Fils. Même conception dans VII. 37 39, oii il faut lire : a qu'il boive, celui qui croit en moi », la prophétie du v. 38 se rapportant à Jésus et au coup de lance de XIX, 34.

gile que dans saint Paul ^ et dans les relations synoptiques de la dernière cène, quoique Jean ne présente pas la mort du Christ €omme un sacrifice expiatoire ^.

C'est pourquoi la critique de Renan ^ s'est complètement égarée en s'autorisant du quatrième Evangile pour affirmer que la cène du jeudi saint n'avait rien eu de particulier, et que Jésus, dans les repas qu'il prenait avec ses disciples, avait coutume de leur dire, en leur présentant les aliments : « Je suis votre nourriture », et même, en rompant le pain : « Voici mon corps », en faisant passer la coupe : « Voici mon sang », pour signifier qu'il était « la vie du vrai fidèle ». Ce ne sont pas les Synoptiques qui ont concentré, en quelque façon, dans le dernier repas, l'institution eucharistique, mais le quatrième Evangile qui l'a, pour ainsi dire, anticipée. La tradition la plus ancienne a considéré l'eucharistie comme un mémorial de la passion, et Fa très nettement rattachée aux circonstances qui ont précédé immédiatement la mort du Sauveur; la fraction du pain a été le signe commémoratif de la mort de Jésus, parce que Jésus près de mourir, l'avait réellement présentée comme le signe de sa mort imminente. Communion à Jésus dans le symbole de sa mort, telle est l'idée primitive, et qui subsiste encore, de l'eucharistie. C'est aussi l'idée qu'en a le quatrième Evangile, bien qu'il n'insiste pas sur la mort, parce que la perspective en est encore éloignée, et qu'il donnera plus loin la leçon de la mort et de la résurrection. Pour qui s'est rendu compte des procédés familiers à l'auteur, il ne saurait être douteux que la multiplication des pains, qu'on ne pouvaittransporter à Jérusalem et que l'on conçoit comme le symbole de la nourriture spirituelle donnée par le

i. I Cor. XI, 24-25.

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