‹ Études évangéliquesChapitre 213 sur 260 · Vie de Jésus · texte numérisé non relu

Vie de Jésus

Christ, amène ici le discours sur le pain de vie, c'est-àdire une instruction qui dispensera plus loin Tévangéliste de raconter l'institution eucharistique, parce qu'il aura suffisamment parlé du mystère, et que le symbole delà multiplication des pains n'était pas moins significatif, à son point de vue, si toutefois il ne Tétait pas davantage, que l'institution elle-même. Ce serait aller trop loin que de contester dans ce discours toute allusion à la mort de Jésus ' ; l'idée de la mort y est à l'arrière-plan, comme invisible, mais toujours présente ; et l'idée du Christ agneau de Dieu, vraie victime pascale, vraie pàque du chrétien, est insinuée dans la date que l'évangéliste assigne à la multiplication des pains ^. C'est un autre excès, beaucoup moins défendable, que d'y trouver seulement la pensée de la mort avec celle de la foi qui s'en nourrit. L'idée de la communion vivifiante prime celle de la mort; et, pour être spirituelle, au sens que dira l'évangéliste, cette communion n'en est pas moins réelle. Le langage mystique employé par l'auteur n'est pas fait de métaphores abstraites, mais d'allégories substantielles. Si Jésus dit, plus loin, que l'esprit seul vivifie et que la chair ne sert de rien, ce n'est pas pour rétracter ce qu'il a dit d'abord, et donner à ses disciples une explication qui aurait pu tout aussi bien dissiper le scandale de la foule, mais pour insinuer que la chair et le sang eucharistiques sont communiqués « spirituellement », non par la foi ou par une simple iniluence de l'esprit divin, mais comme spiritualisés dans la glorification du Christ. Ainsi s'achèvera la leçon de l'eucharistie, qui est, dans tout ce chapitre, la préoccupation dominante de l'évangéliste. Il faut dire dominante, et non exclusive, parce que tous les thèmes qui sont traités successivement dans le quatrième Evan-

Page 1