HOLTZMAXN
2. Cf. Marc, xiv, 22-24 ; Matth. xxvi, 26-28. « La substitution de câp^ à (Twjxa est à expliquer par le langage liturgique et dogmatique du temps. » HoLTZMAXx, 110.
n'est-il pas évident qu'il en parle, ou bien que son discours ne signifie plus rien, ni pour lui, ni pour nous ?
VI. 52. Et les Juifs disputaient entre eux, disant : a Comment peutil nous donner sa chair à manger ? » 53. Jésus donc leur dit: « En vérité^ en vérité je vous (le) dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme,, et si vous ne buvez son sang, vous n'avez pas la vie en vous. 54. Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. 55. Car ma chair est une vraie nourriture, et mon sang un vrai breuvage. 56. Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi, et moi en lui. 57. De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé, et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra par moi. 58. Voici le pain qui est descendu du ciel : non comme celui qu'ont mangé les pères, qui sont morts; celui qui mange ce^ pain vivra éternellement. » 59. Il dit ces choses enseignant en synagogue, à Capharnaiim.
Comme Nicodème ^, lorsque Jésus lui déclare qu'il faut naître de nouveau pour voir le royaume de Dieu^ demande : « Est-il possible qu'un vieillard naisse encore une fois ? » les Juifs, entendant que Jésus veut être la nourriture des hommes, se disent entre eux : « Comment peut-il nous donner sa chair à manger.^ » Et comme Jésus a répondu à Nicodème : « Quiconque n'est pas né de l'eau et de l'esprit ne peut entrer dans le royaume de Dieu '), il répond ici aux Juifs : « Si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme et ne buvez son sang, vous n'aurez pas la vie en vous-mêmes. » L'analogie des deux situations est complète, et comme il s'agit d'un baptême réel et spirituel dans le premier cas, il s'agit d'une alimentation réelle et spirituelle dans le second. Les Juifs^ discutent entre eux sur la possibilité de ce que Jésus-
Tient de dire, et ils trouvent son assertion extravagante : -s'il donne sa propre chair à manger, que lui restera-t-il ? Tout à l'heure les Juifs murmuraient contre la prétention <lu Sauveur à une origine céleste ; maintenant ils se fâchent, non pas précisément les uns contre les autres, comme si quelques-uns avaient défendu le discours dont les autres étaient scandalisés •, mais ils s'animent entre eux, en relevant l'invraisemblance du discours qu'ils ont entendu, et en le critiquant chacun à sa manière. Ce n'est pas précisément l'horreur de l'anthropophagie - qui inspire leur question, mais l'embarras où ils sont de trouver un sens rationnel aux paroles de Jésus. Ce n'est pas non plus dans l'intention formelle de les exaspérer par un -défi apparent à la Loi, qui défend de boire le sang, que Jésus, non content de répéter qu'il faut manger sa chair, ajoute qu'il faut boire son sang; c'est parce que le développement de la théorie appelle ce complément. L'évangéliste n'a aucun souci des sentiments particuliers des Juifs; il marque en traits généraux le progrès de leur incrédulité, qui correspond au développement de la doctrine, sans se livrer à des analyses psychologiques, ni -chercher même la vraisemblance historique, 11 n'est pas moins indispensable, pour avoir en soi la vie éternelle, de manger la chair et de boire le sang du Verbe incarné, qu'il ne l'est d'être baptisé dans l'eau et l'esprit pour avoir part au règne de Dieu. Que l'addition même du sang prouve que les termes sont métaphoriques ^, c'est un îirgument qui déroute le sens commun par sa subtilité. La mention du sang ne se comprend que par rapport à l'eucharistie, et le quatrième Evangile rencontre ici saint Paul '*. Dire que Jésus n'a pu parler de l'eucharistie aux