‹ Études évangéliquesChapitre 22 sur 260 · xni · texte numérisé non relu

xni

4. On ne voit pas bien le rapport que l'évangéliste établit entre les paraboles et le miracle qui précède ; peut-être a-t-il interprété en allégorie la guérison de la femme infirme et la joie du peuple, comme figurant les mêmes progrès de l'Kvangile que les paraboles du Sénevé et du Levain.

Un cas bien plus instructif est celui de la parabole de Thomme aux Cent brebis. Dans Luc *, cette parabole est associée à celle de la femme aux Dix drachmes; les deux ne forment qu'une seule instruction; elles sont coulées dans le même moule, ont un développement parallèle, une application identique. La première seule est dans Matthieu - ; mais Luc n'a pas plus inventé la seconde que la première. Comme elles ont été conçues pour aller ensemble, Tévangéliste les a reproduites telles qu'il les trouvait dans sa source, et il y a joint l'histoire du Fils prodigue, qui était aussi une parabole de miséricorde. De même que le propriétaire des cent brebis a plus de joie pour la brebis égarée, quand il la retrouve, que pour les quatrevingt-dix-neuf qui ne lui ont causé aucun souci; que la femme qui avait dix drachmes est tout heureuse de retrouver celle qu'elle avait perdue; que le père du prodigue a fait fête au repentir de son enfant, ainsi Dieu se réjouit quand le pécheur se repent et il lui fait bon accueil. Pour situer cette instruction sur la bonté divine, Luc trace une mise en scène des plus vagues : tous les publicains et les pécheurs venaient entendre Jésus; les pharisiens et les scribes en étaient scandalisés, lui reprochant de recevoir ces gens et de manger avec eux; Jésus aurait fait son apologie en disant les trois paraboles. Où était-il? A quel moment précis l'incident s'est-il produit? L'évangéliste ne le dit pas, et pour cause. Il a déduit son introduction des paraboles et d'autres données de la tradition ^. En elles-mêmes, les paraboles aident à comprendre la miséricorde divine, et le point de vue s'élève bien au-dessus dune justification personnelle. L'affluence des publicains

Page 1