Meyer-Weiss
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lecteur est censé pouvoir suppléer ce que l'interrogation donne à entendre. Cependant les interprètes se demandent si la seconde question renchérit sur la première et tend à porter au comble le scandale des auditeurs, ou bien si elle est destinée, au contraire, à l'atténuer, en préparant l'explication qui vient ensuite. Les uns suppléent: « Ne serez-vous pas scandalisés bien davantage encore ? » et les autres : « Aurez-vous lieu encore d'être scandalisés? » Selon la première explication, l'absence du Christ est censée devoir créer un nouveau scandale pour les Juifs; selon la seconde, sa glorification devra les inviter à penser que la manducation de sa chair n'aura pas la forme répugnante qu'on lui suppose. La seconde explication est moins naturelle, et l'on peut même dire qu'elle n'est pas suggérée par le texte ; car il n'est pas question de la gloire du Messie, mais bien de son départ. Ne dirait-on pas môme que l'évangéliste, en employant la formule : « monter où il était », a plutôt voulu éviter l'idée de gloire, pour faire ressortir l'idée d'absence? Cette explication trouve néanmoins des partisans, non seulement parmi les théologiens *, mais encore parmi les critiques ^, parce qu'elle semble nécessaire pour introduire les paroles : « C'est l'esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien. » Une transition est ainsi ménagée entre l'imagination grossière que l'auditoire s'est formée, et ce que Jésus va dire sur le caractère spirituel de la nourriture qu'il propose. La première explication agrée particulièrement à ceux qui ne veulent pas que le discours pré-
1. Maldonat (II, 637) observe que la plupart des anciens interprèlesvoient dans ces paroles uue explication ; mais les uns l'entendent en ce sens, qu'il sera aisé de croire à l'origine céleste de Jésus quand on l'aura vu monter au ciel; les autres en ce sens, que la manducation de la chair n'a plus rien de répugnant et doit être salutaire quand il s'agit de la chair glorifiée du Christ immortel.