‹ Études évangéliquesChapitre 236 sur 260 · V. 10.X.0Ù è; Oixwv eî; otàpoXôç eurtv · texte numérisé non relu

V. 10.X.0Ù è; Oixwv eî; otàpoXôç eurtv

démon attribuée à Simon-Pierre dans les deux premiers Evangiles ^

Une sorte de logique transcendante se trouve ainsi gouverner les anticipations de l'Evangile johannique. La cène eucharistique et l'annonce de la trahison, étroitement associées dans les Synoptiques, sont transposées en même temps. Cette façon d'antidater les données des anciens Evangiles n'est pas fondée sur une tradition indépendante, mais sur la conception christologique de l'auteur. Le Christ johannique a su, oc dès îe commencement », tout ce qu'il devait faire et tout ce qu il avait à attendre de chacun : de là vient que Simon est appelé Pierre dès la première rencontre; que la constitution du collège apostolique n'est pas présentée comme un fait distinct de la vocation personnelle et successive des Douze - ; que Judas est censé traître depuis qu'il a suivi Jésus. Le Diatessaron, en faisant dire au Sauveur : a Je vous ai élus avant que la terre existât^ », introduit une idée que l'évangéliste n'aurait pas répudiée, bien qu'elle aille au delà de ce que lui-même a voulu signifier directement par l'élection des apôtres, qui n'est pas leur prédestination, mais l'appel à eux adressé par Jésus. On remarquera aussi que Jean n'insiste jamais sur les souffrances et la mort de Jésus ; on pourrait presque dire qu'il a supprimé plutôt qu'expliqué le scandale de la croix. C'est pourquoi la prédiction détaillée des Synoptiques sur le passion se réduit si facilement à l'annonce réitérée de la trahison ^.

Il n'est pas utile de discuter longuement les raisons qui

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