‹ Études évangéliquesChapitre 246 sur 260 · XI · texte numérisé non relu

XI

bien méconnait-on le caractère de ce récit lorsqu'on suppose que personne n'avait songé à laver les pieds de Tassistance avant le repas, conformément à l'usage, et que Jésus se serait avisé, après coup, et, en vérité, quand il n'était plus temps, de réparer cet oubli *. C'est également peine perdue que de chercher si le lavement des pieds doit être placé après ou avant la bénédiction du pain et du vin eucharistiques - ; il ne faut le mettre ni après ni avant, mais en même temps, comme une sorte de glose parallèle. L'action de Jésus vient de sa pleine initiative, pour la leçon qu'il veut inculquer à ses disciples, et n a pas besoin d'autre occasion ni de raison d'être que cette intention souveraine. Quiconque voudra bien y réfléchir sans parti pris trouvera que l'anomalie du fait s'explique par ce but symbolique, et ne s'explique pas autrement. L'idée générale de l'évangéliste n'est pas trop difficile à saisir, et l'on en verra bientôt l'application détaillée : Jésus, dans sa mort, s'est fait, par amour, le serviteur de l'homme; l'eucharistie est le mémorial permanent, le symbole réel de ce service unique entre tous ; un autre service, le lavement des pieds, représente ici, en figure, et le service essentiel de Jésus et son mémorial ; le nouveau symbole, trop vulgaire, nous paraît défectueux, et il l'est, dans une certaine mesure ; mais l'auteur n'a pas trouvé mieux, et l'on sait déjà pourquoi il s'est privé du seul symbole qui convienne à la circonstance et s'y rattache historiquement. La matière de notre récit, l'idée du parfait serviteur, du maître qui se fait l'esclave de ses esclaves fidèles, a été fournie par les Synoptiques ^. Mais rien ne

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