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5. C'est peut-être pour ce motif que Jean parle des vêtements que Jésus quitte, sans dire expressément qu'il garde sa tunique. Okigkne (BuooKE, II, 155) entre assez bien dans l'esprit de l'évangéliste en
ensuite de l'eau clans le bassin, et il se met en devoir de laveries pieds de ses disciples. En général, l'eau signifie la sanctification de l'âme par le don de l'esprit, et dans le discours à Nicodème, aussi bien que dans l'histoire de la passion, elle désigne la régénération baptismale. Elle retient, dans notre récit, cette signification naturelle, tout en en prenant une autre, que l'on fera ressortir davantage, parce qu'elle appartient spécialement au lavement des pieds et qu'elle avait besoin d'être nettement formulée pour être comprise : l'eau représente ici la nourriture spirituelle de l'eucharistie, le sacrement qui restaure la vie chrétienne et qui achève chaque jour, dans le fidèle, la purification effectuée par le baptême. L'eucharistie n'est- elle pas, en effet, le mémorial de la mort du Christ, acceptée par amour, salutaire et vivifiante ? Et n'est-ce pas ce que signifie le lavement des pieds ?
Jésus vient à Simon-Pierre. On ne saurait dire s'il vient à lui d'abord. Si l'on traduit : « Et il commença à laver les pieds de ses disciples et à les essuyer avec le linge dont il était ceint; il vint donc à Simon-Pierre' », il paraît impossible que Pierre soit au commencement de la série. Les interprètes protestants adoptent généralement ce sens, mais peut-être craignent-ils un peu trop que Pierre n'ait été le premier lavé. Parmi les anciens, Origène et Chrysostome ont supposé, fort gratuitement, que Judas était au commencement de la série ; d'après Origène, Pierre aurait été à la fin. La suite du récit laisse plutôt entendre que Pierre n'était pas le
supposant que Jésus laisse tous ses habits et prend le linge pour n'être pas entièrement nu ; mais son symbolisme est trop abstrait. Les vêtements du Christ seraient la forme de son enseignement : to-jtov 8È (xÔTULOv) evTtvi icpiffULXTt XéçscDV TCpôç Xâçeiç xal awvàiv irpb; awviç (xuveoTTjXÔTZ
à-o-îOera'., xal yuu.w-zezoç {leri oouXtxoy nyr^iLxzo^ y'vsTat.
1. V. 5. xal -/jp^aTO vÎ7tT£tv TO'jç îîdSaç twv oaOTriTàiv lo/eras o'jv
dernier, et Ton peut croire que, si l'évangéliste avait songé à Judas comme premier, ou au disciple bien-aimé, il n'aurait pas manqué de le dire. Les commentateurs catholiques, depuis saint Augustin, admettent généralement que Pierre était le premier. Sa résistance est moins facile à expliquer si d'autres ont laissé faire Jésus, et ses paroles» bien loin de donner à entendre qu'il ne permettra pas ce que d'autres ont permis, feraient plutôt supposer que se& sentiments doivent être ceux de tous. On peut fort bien traduire : « Et » ces préparatifs étant terminés, « il entreprit * de laver les pieds de ses disciples ; il vint donc », pour commencer, « à Simon-Pierre «. Quoi qu'il en soit, la résistance du prince des apôtres est le seul trait à noter du côté des disciples. Pierre ne veut pas que Jésus s'abaisse à lui rendre un pareil service, parce qu'il n'en comprend pas la signification ni la portée. Il proteste d'abord par un cri de surprise : « Seigneur, tu me laves les pieds ! )) Et le Sauveur de lui répondre : « Tu ne sais pas. à présent ce que je fais, mais tu le comprendra après ^. » Parole à double entente, comme il convient en ce cas mystérieux : Pierre ne sait pas pourquoi Jésus veut lui laver les pieds, il le saura tout à l'heure, quand Jésus le lui aura expliqué ; Pierre ne comprend pas la signification profonde de cet acte, il ne comprendra que plus tard, après la résurrection, le bienfait de la croix, le sacrement de l'eucharistie. Sans tenir compte de cet avertisseuient, Pierre proteste de plus belle : « Tu ne me laveras pas les pieds, jamais ! » Faut-il attribuer à Pierre un sentiment d'orgueil et un excès de volonté propre ^P En apparence, il ne fait preuve que d'humilité obstinée, non réglée par