‹ Études évangéliquesChapitre 252 sur 260 · HOLTZMANN · texte numérisé non relu

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est baigné n'a pas besoin de se laver (mains et tête), mais il est tout pur » ; et si Tévangéliste ne s'est pas borné à insinuer que le baptême n'avait pas besoin d'être réitéré. 11 est certain que les mots : a Si ce n'est les pieds », viennent un peu en surcharge ', et que la signification particulière du lavement des pieds ne tient pas à l'exception qui serait faite en cet endroit, où le baptême passe au premier plan. La nécessité du bain complet, c'est-à-dire du baptême, est exclue pour ceux qui l'ont reçu et qui par là sont devenus purs. La nécessité de recevoir et l'obligation de continuer, en le pratiquant, le service du lavement des pieds subsiste pour les purs et n'existe même, en un sens, que pour eux. Que Pierre accepte ce service, qu'il comprenne la mort de la croix, se laisse donner Jésus dans l'eucharistie, et qu'il apprenne lui-même à servir, à se donner tout entier à l'œuvre de Jésus. L'idée de purification est tout à fait accessoire dans le symbole du lavement des pieds; elle n'y est que par la connexion, plus artificielle et apparente que réelle, de ce symbole avec celui du bain baptismal. La signification propre du lavement des pieds est celle de l'eucharistie, de la vie sacrifiée par amour, de la charité servante jusqu'à la mort. C'est le choix défectueux du symbole qui en rend l'intelligence difficile, et cet inconvénient se fera

1. Baldensperger, 62-63, admet l'interpolation et suppose qu'elle a été pratiquée en vue du v. 14 : « Vous devez vous laver mutuellement les pieds. » Cet auttur soutient que les paroles : « Celui qui est baigné n'a pas besoin d'être lavé », se rapportent à la puriflcation du chrétien par le sang de Jésus. C'est cette purification qui serait signifiée par le lavement des pieds et qui ne devrait pas être réitérée. Mais il ne peut pas être question du lavement des pieds, et l'on ne voit pas comment, dans cette hypothèse, la réponse du Sauveur se rattacheiait à la demande de Pierre, ni comment Jésus pourrait déclarer que ses disciples sont purs, quand leurs pieds ne sont pas encore lavés. L'évangéliste peut viser indirectement, en cet endroit, les ablutions réitérées des sectateurs de Jean, ou bien celles des Juifs objectant qu'un seul baptême ne saurait purifier l'homme pour toujours.

sentir jusqu'au bout. Jésus va présenter le lavement des pieds comme un exemple indispensable à suivre; mais cet exemple n'a la valeur extraordinaire dont on le gratifie, que s'il représente autre chose que ce qu'il est, s'il faut y voir l'image du grand service de charité qui a son point culminant dans la mort du Sauveur et sa commémoration perpétuelle dans la cène eucharistique K Pour signifier la nécessité générale de la pureté 2, rien ne serait plus froid, et la leçon n'aurait pas de rapport avec la situation. La réflexion concernant Judas, celui des apôtres qui n'est pas pur, a pour objet de maintenir la perspective de trahison, de ténèbres et de mort, qui enveloppe le dernier repas du Christ avec les siens ; et c'est aussi une occasion dont l'évangéliste a profité pour rappeler que Jésus n'ignorait rien de ce qui devait lui arriver. Il ne faut pas chercher d'autre signification à cette remarque : Judas n'est pas pur ; le lavement des pieds, c'est-à-dire l'eucharistie, ne devrait pas être pour lui ; il a pourtant reçu de Jésus le même service que les autres disciples ; mais on ne relèvera que plus loin ^ les conséquences de son indignité.

12. Lors donc qu'il leur eut lavé les pieds, qu'il eut repris ses vêtements, et qu'il se fut remis à table, il leur dit : « Comprenez-vous ce que je vous ai fait? 13. Vous m'appelez Maître et Seigneur, et vous avez raison, car je le suis. 14. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous devez, vous aussi, vous laver les pieds les uns aux autres. 15. Car c'est un exemple que je vous ai donné, afin que, selon que je vous ai fait, vous fassiez aussi vous-mêmes. 16. En vérité, en vérité je vous (le) dis, un serviteur n'est pas plus grand que

1. Cf. Ignace, Rom. 7, 3 : àprov Oeou OéX<o, 6 éstiv càp; 'l-r^ao^j XpiTToO, xat 7rô[ji.a OÉXw, zo alfia aùxoù, 0 èçxtv ayâTiTi àtfOapro;.

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