‹ Études évangéliquesChapitre 258 sur 260 · SCHANZ · texte numérisé non relu

SCHANZ

pas cette interprétation, le Christ johannique n'est trompé par personne, et les coups qu'il se laisse donner ne lui viennent pas en surprise. L'emploi du passé marque la certitude de la prophétie et ne contient pas la moindre allusion à des pourparlers de Judas avec les chefs des prêtres *. Il est vrai que les Synoptiques signalent ces négociations deux jours avant la Pàque, mais le quatrième Évangile en fait abstraction. Dans la perspective johannique, la trahison consiste simplement en ce que l'apôtre infidèle, sachant l'endroit où Jésus se rend le jeudi soir, ira prévenir les membres du sanhédrin, conformément aux instructions données par ces magistrats ; il n'y aura pas lieu à discussion ni marchandage ; on enverra les soldats, et l'arrestation s'effectuera, parce que Jésus se laissera prendre. Telle est, comme fait, la trahison de Judas. Au point de vue des causes, c'est une manœuvre diabolique, providentiellement nécessaire pour amener la mort du Christ, condition de sa gloire ; ainsi le diable lui-même sera dupe de sa machination; Judas n'est que l'instrument de Satan. Au point de vue symbolique. Judas, agent du diable, est la personnification du faux frère, un fléau que l'Eglise primitive a connu et que Jésus annonce en même temps que la perfidie de son apôtre. « Je vous le dis dès maintenant, avant que la chose arrive, afin que, lorsqu'elle arrivera, vous croyiez que je suis - » ce que je prétends être et ce que je vous ai dit, le Messie annoncé par les Ecritures, le vrai Fils de Dieu, l'unique Sauveur. La trahison n'a donc pas encore de réalité actuelle. On est unpeusurprisque leChrist dise« dès maintenant », car il en a déjà parlé auparavant^, mais la première prédiction était moins claire ; ou bien il faut dire que la dernière est rédigée en vue des lecteurs de l'Evangile et que tous les pro-

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