Matth. X, 24-25; Luc, vi
choses », si vous comprenez la leçon du lavement des pieds, « heureux serez-vous en les accomplissant » ; le salut dépend de l'union à Jésus dans le sacrement et la pratique de la charité.
Mais la pensée du Christ revient au traître; la réserve énoncée plus haut dans l'assertion : « Vous êtes purs, mais non pas tous », reparaît sous une autre forme : Jésus vient de promettre le bonheur à ses apôtres, pourvu qu'ils suivent le programme de sacrifice dont il leur a donné l'exemple ; cependant il y en a un parmi eux qui n'est pas prêt à exécuter ce programme et qui ne goûtera jamais ce bonheur. Ce n'est donc pas à tous qu'il a songé en faisant la promesse; il a fait une exception pour celui qui va le trahir, car il connaît ceux qu'il a choisis ; il sait ce que valent les onze apôtres fidèles et ce que vaut Judas. S'il a choisi un traître, il ne s'est pas trompé sur son compte; il devait faire ce choix pour accomplir les desseins de la Providence, afin de réaliser la parole prophétique : « Celui qui mangeait mon pain a levé contre moi le talon ^ ». L'ingratitude dont se plaint le Psalmiste est imputée à Judas, qui a été si longtemps commensal du Christ et qui assiste encore à ce repas de l'amour, qu'il souille de sa présence. Saint Augustin a vu, dans le pain du Christ, l'eucharistie, et si tel n'est pas le sens direct du texte, c'en est du moins le sens mystique, tel que l'évangéliste paraît l'avoir conçu. La métaphore du coup de pied est prise du cheval qui rue, non de l'homme qui en fait tomber un autre en lui donnant un croc en jambe, surtout si l'on veut attribuer à cette dernière image le sens de tromper 2. Outre que le texte même ne favorise
1. V. 18. b Tpcoyojv ixou TÔv àpTOv £7r-r|p£v £7t' £[X£ T7|v TTTepvav aUTOO. Mss. xAD, etc. : jjlet' èixou. Ms. nA, etc. : ÈTTYJpxEv. La citation est prise du Ps. xn, 10, d'après l'hébreu, ou une version grecque autre que les Septante.