Cf. JuLlCHER, II
OZ ETUDES EVANGELIQUES
contribué à la condamnation du Sauveur et qui ont rejeté son message; les autres vignerons qui doivent prendre leur place ne sont pas désignés comme venant du paganisme; ce sont, en général, ceux qui ont cru à l'Evangile. Ce qui est dit du châtiment, dans Marc ^ : « Il viendra et fera périr les vignerons », est si bref et vague, que l'on peut se demander si la ruine de Jérusalem est déjà pour le rédacteur un fait accompli, et s'il ne l'attend pas plutôt avec le grand avènement. La parabole et la citation prophétique qui la termine ^ peuvent donc appartenir à une tradition ancienne, antérieure à la rédaction de nos Evangiles. Mais la citation prophétique se comprend beaucoup mieux comme argument des premiers chrétiens contre les Juifs que dans la bouche de Jésus. Cependant, elle est un complément nécessaire de l'allégorie dans la tradition qui nous a conservé celle-ci ; elle appartient à la conclusion du récit, où la gloire du fils massacré devait être annoncée, bien qu'on ne pût la figurer dans un trait de la narration, par exemple, en disant que le fils était ressuscité après sa mort. L'ensemble représente l'idée que la génération apostolique avait de la mission de Jésus : Fils de Dieu que le Père avait envoyé, qui avait été tué par les chefs de la nation et glorifié par Dieu. C'est le thème des prédications qui sont attribuées, dans le livre des Actes ^, aux premiers prédicateurs chrétiens, et il n'y avait pas lieu, avant l'événement, de montrer dans la mort de Jésus le dernier terme de la patience divine. Comme beaucoup d'allégories, celle-ci n'a qu'une valeur de conception théorique et théologique; à la diffé-