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mauvais poisson sont les anges exécutant le jugement du Christ sur les damnés. La perspective historique est la même que dans la parabole de l'Ivraie. Le commentaire des deux paraboles s'achève par la même description de « la fournaise de feu, où il y a des pleurs et des grincements de dents * ». Primitivement, la parabole de l'Ivraie pouvait donc être un petit récit dont l'idée fondamentale et l'application étaient les mêmes que celles du Filet. Les deux paraboles étaient de simples comparaisons; Matthieu en a fait deux petits sermons sur les fins dernières. Reste la parabole des Vignerons meurtriers -. Il n'est pas douteux que ce soit une allégorie. Le récit n'est consistant que dans le sens spirituel, et deviendrait un tissu d'invraisemblances si on voulait le prendre à la lettre ^. On ne conçoit pas qu'un propriétaire assez puissant pour exterminer, sans autre forme de procès, les ouvriers qui ont sa vigne en location, laisse tuer l'un après l'autre ses serviteurs, et qu'il envoie même après eux son fils pour le faire tuer aussi. Mais le propriétaire est Dieu, la vigne est Israël; les serviteurs envoyés d'abord sont les prophètes; le fils envoyé en dernier lieu, et tué par les ouvriers, est Jésus lui-même; l'extermination des vignerons signifie la punition des Juifs; la prophétie de la pierre rejetée, qui devient pierre d'angle, se rapporte à la glorification du Christ ressuscité. La parabole contient donc une philosophie générale de l'histoire Israélite, en tant que cette histoire a son point culminant et décisif dans l'apparition et la mort de Jésus. Il faut noter pourtant que le texte n'annonce pas formellement la réprobation des Juifs au profit des Gentils. Les mauvais vignerons sont le judaïsme incrédule, les pharisiens, le sanhédrin, tous ceux qui ont