Cf. Il, 22-23; 13-15; iv, 10-11 [supr. cit.); v
rence des paraboles, elle ne se distingue ni par l'originalité de l'invention, ni par la psychologie du développement, ni par la valeur morale de l'application '. Ce n'est pas réellement une parabole, c'est une apocalypse. Jésus n'aurait pas eu l'intention de gagner ceux à qui il s'adressait, il les aurait déclarés perdus et réprouvés, non pour les amener à résipiscence, mais pour manifester la connaissance qu'il avait des décrets divins, pour fournir un argument dans l'avenir à ses apologistes Une telle attitude, même et surtout quand il s'agit du Christ, n'est pas d'un personnage vivant et agissant. 11 est fort étrange que le discours excite les auditeurs à commettre aussitôt le crime dont on vient de leur signaler les conséquences 2. L'allégorie était facile à comprendre pour les évangélistes, et elle est très intelligible pour le lecteur chrétien : elle l'aurait été beaucoup moins pour ceux qui écoutaient Jésus dans le temple. Il est vrai que les Juifs ne sont pas censés avoir compris la parabole; ils ont compris seulement qu'elle était dite à leur sujet et contre eux; mais leur colère n'est justifiée que s'ils ont compris où Jésus voulait en venir; et si Jésus s'est proclamé Fils de Dieu devant tant de témoins qui ont su ce qu'il disait, on ne voit plus pourquoi sa cause sera si difficile à instruire devant le grand prêtre. Dans sa forme traditionnelle, l'allégorie des Mauvais vignerons est un morceau d'apologétique chrétienne. On ne saurait dire si elle a eu pour point de départ une simple parabole. Cette hypothèse n'est pas indispensable. Le passage d'Isaïe^ qui est imité dans le commencement, était connu des premiers chrétiens et s'entendait comme une prophétie de la réprobation d'Israël ; la vigne, comme élément de parabole