Cf. p. 76, n
4. V. 34. rauTï -ivra IXiXTjSsv o 'Iticou; âv TrasaSoXatç TOtç o/Xoi;, xxi ywstç itaçaSoÀf,ç oùSèv ÈÀàÀej a-JToTç* 35. o-rrtoç Tr/TjÇtoOr, xtX. Cf. p. 77, n. 2. Noter les retouches pratiquées sur la conclusion de Marc. Matthieu vise seulement les paraboles qu'il vient de reproduire. Il ne dit
insister sur la réprobation des Juifs, c'est parce qu'il a vu le moyen d'ajuster à cette assertion une prophétie, un passage des psaumes où il est question de paraboles. Il ne faut pas s'étonner que Jésus parle en paraboles : le Psalmiste l'avait prédit ; la parabole est un signe du Messie. Le texte semblait frappant ' : « J'ouvrirai ma bouche en paraboles; je proférerai des énigmes, depuis la création. » Ce que l'auteur du psaume entend par «paraboles 2 y> est la forme poétique de son discours, et les a énigmes » sont les faits de l'ancienne histoire, avec les leçons mystérieuses qu'ils contiennent. Il ne songe pas à prédire l'avenir^. Partant du mot « paraboles », où il reconnaît sans hésiter les paraboles évangéliques, l'évangéliste transforme les faits symboliques d'autrefois en secrets éternels, les vérités du royaume, cachées en Dieu dès avant la création du monde, et présentées par Jésus sous l'énigme des paraboles. S'il ne pense pas que les paraboles
pas, à propos du peuple : « selon qu'ils pouvaient entendre », parce que cette indication lui a paru s'accorder mal avec la théorie générale de l'aveuglement. L'avantage d'une citation prophétique l'a empêché de voir que la dernière assertion : « il ne leur disait rien sans parabole », était contredite par les longs discours de son Evangile.
1. Ps. Lxxvni (lxxvii), 2. Le premier membre de la citation dans Matth. XIII, 35 : àvoif^u) év TrapapoXaïç tô azôixa ijlou, est conforme aux Septante; le second : èpeû^o(ji.at xexpufXfjiéva oLTzà xaxa/SoX-îîç (ras. B; la plupart des témoins ajoutent xôaaoj ; LXX : '^Oéy^ojxai 7:po^SXr,ui.aTa à::' àpyr^q) se rapproche de l'hébreu : « Je proférerai les énigmes (mTTl) d'autrefois. »
2. SyJD. Cf. supr. p. 36. Au lieu du singulier Sï^G^, peut-être doiton lire, avec le grec, le pluriel D''SuJQ.
3. Matthieu (v. 35) le qualifie de « prophète », et le nom d'Isaïe se trouve même dans quelques témoins. Le psaume étant attribué à Asaph, il peut y avoir eu là quelque méprise, non que l'évangéliste ait cité Asaph, mais le nom a pu être ajouté par manière de glose, et pris ensuite pour Isaïe. Si le nom d'Isaïe était primitif, ce que la diffusion et la persistance de la leçon porteraient à croire, on devrait admettre une distraction de l'évangéliste, que la tradition aurait corrigée. « Quod quia minime inveniebatur in Isaia, arbitrer postea a prudentibus viris esse sublatum », dit s. Jérôme.
LES PARABOLES DE l'ÉVANGILE 93
aient eu pour unique fin Taveuglement des Juifs, il ne laisse pasde les tenir pour mystérieuses ;son commentaire de l'Ivraie, du Filet, du Festin, des Talents, montre qu'il était enclin à les traiter comme des visions d'apocalypse. Nonobstant les omissions de Luc et les gloses de Matthieu, les trois Synoptiques s'accordent à trouver les paraboles obscures, grosses de mystères sous la simplicité de leur apparence, et ils ont pensé que Jésus avait parlé en paraboles pour n'être pas compris des Juifs : cette fin serait, d'après Marc, la raison unique, d'après Matthieu et Luc, la raison principale des paraboles. Comme les paraboles ont été très claires, et que Jésus n'a jamais parlé que pour éclairer ses auditeurs, la théorie des évangélistes n'est pas fondée en histoire, et le texte de Marc, dont les deux autres dépendent, ne représente pas une déclaration personnelle de Jésus. C'est une idée de la tradition, une explication théologique, dont la structure même du chapitre où elle a été insérée atteste encore le caractère adventice. Pour y trouver un sens acceptable dans la bouche du Sauveur, on a dit que l'idée prédestinatienne s'exprimait dans ce passage avec la rigueur extrême de la théologie sémitique, mais que Jésus lui-même avait pu émettre un tel jugement au sujet des paraboles, parce que quelques-unes du moins sont propres à cacher aux uns ce qu'elles révèlent aux autres*. Assertion contraire aux faits, car les paraboles n'avaient rien d'énigmatique; et au texte qu'il s'agit d'expliquer, car il y est enseigné que les paraboles sont obscures par elles-mêmes et pour tout le monde. On a dit aussi que le secret du royaume était sa présence spirituelle, qui était l'objet des paraboles, et que le peuple ne pouvait comprendre -. Mais le secret ou les secrets du royaume sont les vérités de l'Evangile, qui ne