Matth. vi, 24; Luc, xvi
6. Luc, XII, 16-21. Dans la parabole, le riche est type d'indifférence religieuse. Luc y voit un type d'égoïsme. De là viennent l'avertissement contre l'avarice (v. 15), et la conclusion, v. 21, où Ion a en vue le
LES PARABOLES DE l'ÉVA>GILE 117
L'absolu du renoncement correspond à Tabsolu de la confiance en Dieu, et les deux correspondent à l'absolu de l'espérance. C'est en vue du royaume prêt à venir dans sa plénitude, que Jésus exige un désintéressement complet à l'égard des biens de la terre, et un abandon total à la Providence du Père céleste. Le retardement du royaume et les nécessités de la vie dans un milieu civilisé obligeront bientôt Paul à écrire aux Thessaloniciens ^ : a Celui qui ne travaille pas ne doit pas manger », ay lieu de leur citer l'exemple des oiseaux du ciel. Mais le triple absolu de l'espérance, de la confiance et du renoncement est le royaume à l'état séminal, et tel qu'il devait être au moment de sa fondation. La critique progressive de cet absolu, les mesures d'adaptation aux circonstances de la vie réelle et de l'histoire ne pouvaient manquer de se produire en leur temps; mais si l'on eût commencé par elles, rien ne se serait fait. L'avenir a été réellement assuré par le sacrifice du présent.
Grand était l'avenir du royaume, bien que ses débuts fussent chétifs. Il était comme une petite semence qui contient le germe d'un arbre. On ne peut mieux le comparer qu'à un grain de sénevé -: il n'y a pas de plus petit grain; mais quand il a poussé, il dépasse toute les plantes potagères et ressemblée un arbre. Le royaume est aussi comme le petit morceau de levain qui fait fermenter toute une masse de pâte ^. La fin semble tout à fait disproportionnée au point de départ. Tel est le rapport, telle la proportion du royaume à l'Evangile. Comment s'opère le travail du développement qui fait de la petite graine un arbre, et avec un peu de levain une masse de pain, c'est le secret de Dieu.
bon emploi des richesses par l'aumône. Cf. Jûlicher, II, 616. Le v. 21 manque dans le ms. D et deux rass. latins; ce pourrait être une glose, conforme d'ailleurs à la pensée de Luc {cf. v. 331.