RENCONTRE DE JÉSUS ET DE MADELEINE 955 RE
l’auraient dit, 1) semble donc bien que l’apparition mentionnée par saint Matthieu, XXVIII, 9, doit être identi.
fiée avec celle du Sauveur à Madeleine, Près du sépulcre, Le pluriel dont se sert le premier évangéliste dans le récit de cette apparition n’est Sans doute qu’un de ces pluriels de Catégorie, dont on rencontre plusieurs exer‘ples au cours de son évangile, et qui consistent à appliquer à une catégorie de personnes ce qui ne convient qu’à une seule d’entre elles, ?
Ce ne fut probablement qu'un temps assez notable après ges compagnes, que Madeleine put rejoindre les apôtres. “J'ai vu le Seigneur ”, leur dit-elle, triomphante, “ et voici ce qu’il m'a chargée de vous dire ” *; et elle leur fit part du royal message. Mal accueilli d’abord par les discibles, qui le traitaient de rêverie, aussi bien que celui de ges Compagnes, ce témoigna-
24 CL E, Lévesque, Nos quatre Evangiles, P. 306- 325,
# Jean, XX, 18,
ge de Madeleine, une fois confirmé par celui de Pierre et des autres apôtres, fut porté par eux jusqu'aux extrémités de la terre: ils allaient partout, rendant témoignage à la résurrection de leur Maître, et partout faisaient briller aux yeux des peuples émerveillés les splendeurs de l’éternité. De génération en génération, ce témoignage est descendu jusqu’à nous.
Puisse-t-il être les délices et l'inspiration de notre vie! Comme le demande l'Eglise dans la Collecte du jour de Pâques, que Dieu,qui nous a ouvert les portes de l’éternité par la mort et la résurrection de son Fils unique, daigne élever nos désirs vers le ciel, les soutenir de sa grâce et les empêcher de retomber vers la terre. Qu’il nous accorde ce bien par l’intercession de l'épouse mystique privilégiée de Jésus, Marie-Madeleine,
RC 2
Saint Jean l'évangéliste
Discipulus. ., quem diligebat Jesus.
(Jrax, XXI, 7.)
ARMI les grandes figures qui se meu-
vent dans le saint Evangile autour
de la divine figure du Christ, il
ch est peu de plus attachantes que
“le disciple que Jésus aimait. ” Toute
sa vie a été comme une ascension con-
tinue vers la lumière et l’amour, dont
‘il devint l'apôtre et Je docteur, Je
voudrais, dans cette étude, m’arrêter
Quelques instants sur les principaux
degrés de cette montée mystérieuse vers
les célestes régions, un des plus beaux
spectacles que puisse contempler l’oeil de l’homme.
La première fois que nous rencontrons
saint Jean dans PEvangile, c’est sur les
bords du Jourdain, à Béthanie, dans l’en-
tourage de Jean-Baptiste, dont il était le disciple. * Il pouvait alors avoir vingtcinq ans, selon la tradition. Un jour donc qu’il prêtait une oreille attentive aux instructions du Précurseur, qui s’étendait avec complaisance sur les grandeurs du Messie et son nonveau royaume, tout à coup, Jésus, qui venait de sortir du désert pour inaugurer sa vie publique, vint à passer à quelque distance. A sa vue, Jean- Baptiste, tout ému, s’écrie: Le voici, c’est lui, “ c’est l’Agneau de Dieu: Fcce Agnus Dei. ” Le jeune fils de Zébédée regarde, avec quelle émotion, on le devine facilement. Il voyait. pour la première fois sans doute, Celui dont il devait écrire plus tard: ‘“ Au commencement était le Verbe. ” Encouragé par le Précurseur, il se dirige timidement vers Jésus, qui, entendant quelqu'un marcher derrière lui, se retourne du côté du jeune homme, et lui dit d’un ton engageant, comme pour
* Jean, I, 35 sqq.
Provoquer un cordial épanchement : “Que cherchez-vous ? »” Jean, qui brûlait du désir de s’entretenir à loisir et dans le secret avec lui, répondit: « Maître, 6ù demeurez-vous? ” « Venez voir », reprit simplement le Sauveur; et ils s’acheminè.
rent ensemble vers l’humble maison où le divin Fils de Marie avait établi sa résidence temporaire. Il était alors environ quatre heures du soir, remarque l’évangéliste,dont la mémoire n’avait rien perdu des détails de cette heureuse soirée, C’est de cette heure Que date dans le monde le mouvement des âmes vers le Rédempteur :
elle méritait bien d’être transmise à la Ssa-t-il dans ce prede Jésus avec Jean?
Tout ce que nous Savons, c’est que la lumière ne brilla Pas en vain aux yeux du jeune homme: son esprit et son coeur étaient gagnés au Messie, et les premiers liens de cette amitié privilégiée qui devait l’unir à Jésus étaient formés.
Après avoir suivi Son nouveau Maître pendant quelque temps, sur l’ordre du
Sauveur, qui voulait sans doute éprouver sa constance, il retourna dans sa famille, à Bethsaïde,au bord du lac de Génésareth, et reprit ses occupations ordinaires de pêcheur. Sa fidélité ne faillit point: le -Souvenir de Jésus, toujours vivant dans son coeur, éclairait et gardait sa vie.
Quelques mois après sa première rencontre avec l’'Homme-Dieu, Jean se trouvait sur le lac de Génésareth avec son père Zébédée, son frère Jacques et quelques mercenaires ; ils étaient occupés à réparer leurs filets dans leur barque, non loin du bord. Levant les yeux, Jean aperçoit soudain le divin Maître qui approchait: son coeur bondit vers lui. Jésus le regarde affectueusement et l'appelle avec Jacques;en leur disant, sans doute, comme il venait de faire à Pierre et à André :
“Venez à ma suite; je veux faire de vous des pêcheurs d’hommes.” * C'était l'appel au sacerdoce, à l’apostolat et à tous les renoncements qui en sont la conséquence.
3 Cf, Mare, I, 16-20,
La lumière brillait de nouveau aux yeux de Jean: il ne s’en détourna point, Pour s'attacher définitivement à Jésus, il n’hésita pas à tout sacrifier, et sa barque avec ses joyeuses excursions sur ce lac enchanteur, où son enfance et son adolescence s'étaient écoulées avec tant de charme, et son père, et l'espoir qu’il Caressait, vrai.
semblablement, de fonder bientôt lJuimême un foyer. Je Voilà maintenant fixé à l’école apostolique. Sous le regard de Jésus,il y montra un zèle, une ardeur et
une impétuosité, que le Maître dut plus d’une fois contenir, * et qui lui valurent le surnom de Fils du tonnerre. ‘ :
‘Cependant le temps de sa formation apostolique touchait à son terme. Peu de jours avant ga mort, le Sauveur mit l’amour de son fidèle et enthousiaste: disciple à une nouvelle et terrible épreuve. * Par l'intermédiaire de sa mère, une des
* Luc, IX, 54 sqq.; 45-50, * Mare, IT, 17.
* Matt, XX, 20 549; Marc, X, 35 sq.
pieuses femmes qui suivaient et assis- “taient Jésus pendant ses pérégrinations, Jean avait sollicité de lui la faveur d’être assis à ses côtés dans son royaume futur.
‘“ Mais vous ne savez pas ce que vous demandez, ” lui répondit Jésus: paroles qui équivalaient à celles-ci : C’est pa” la croix que je dois, moi, entrer en possession de mon royagme; ce n’est aussi que par la croix qu’on peut mériter d’y entrer avec moi, surtout pour y occuper les premières places. Et il ajouta : ‘“ Pouvez-vous boire le calice que je dois boire moi-même?” 11 venait, quelques instants auparavant, d’étaler sous les yeux de ses apôtres les ingrédients qui devaient entrer dans la composition de cet affreux breuvage: le Fils de l'homme, avait-il dit, serait livré aux princes des prêtres, condamné à mort, mis entre les mains des Gentils, conspué, flagellé, crucifié, * Devant la perspective aussi te”“ible qu’inattendue qui s’ouvrait à ses yeux, Jean ne recula pas. Pour être
* Matt., XX, 18-19; Marc, X, 33-34,
me
près de son Maître, il n’est rien qu’il ne fût disposé à endurer, Oui, Seigneur, répond-il, je puis le boire, ce calice. La lumière avait brillé de nouveau : il avait continué d’y faire bon accueil.
Quelques jours plus tard, sa passion commençait. Au pied de la croix où était pendu Celui sur Ja Poitrine duquel il venait, la veille, de reposer sa tête avec tant d'amour, et qu’il avait été admis à contempler dans la gloire de la Transfi- &uration, nous le voyons debout, sous les regards moqueurs et menaçants des bourreaux. Il n’avait pas voulu manquer à son divin Ami à l'heure de sa grande dé.
tresse, Toutes les douleurs de l’un eurent leur retentissement dans le coeur de l’autre. Qu'il était grand et beau, saint Jean, à ce moment suprême, où, seul de tous les hommes, il représentait si noblement Phumanité à cet auguste sacrifice du Calvaire qui sauvait le monde ! Une si héroïque ” fidélité reçnt immédiatement sa récompense, À Pierre, le champion du Christ, Jésus devait confier PEglise, son épouse
ÉTUDES ÉVANGÉLIQUES RS PR ET PA da.
mystique; à Jean, son ami personnel, il fit don, avant de mourir, de sa propre mère, du coeur de laquelle, comme d’un canal immaculé, partent toutes les grâces qui font vivre l'Eglise. ”
A la lumière de la Croix, les idées de Jean sur la souffrance s'étaient singuliè. : rement épurées. Avant la Passion, pour être près de Jésus, il s’était résigné à la souffrance; après la Passion, il y mit sa joie, il n’aspira plus qu’à être digne de souffrir pour son Maître, * et un désir ardent du martyre s’alluma dans son âme.
Comme il lui tardait de boire le calice que Jésus lui avait promis! * Un jour, il crut que cette soif du mertyre, qui le consumait, allait enfin être étanchée. Condamné à mort, sous Domitien, pour le noble témoignage qu’il avait rendu à Jésus- Christ, après avoir subi le supplice de la flagellation, * il fut, à Rome, devant la
" Jean, XIX, 26-27.
Cf. Act., V, 41.
° Cf. Matt., XX, 23.
* Voir Desobry, d'après lequel: “ tous les con-
ram
Porte latine,jeté dans une chaudière d’huile bouillante; mais,contrairement à son attente et à son voeu le Plus cher, il en sortit, selon l'expression de saint Jérôme, :° plus frais et plus vig-1reux qu’il n’y était entré. C’est qu’il ne devait pas boire le calice de son Maître, en quelque sorte, d’une seule haleine, comme ses frères dans l’apostolat; il fallait qu’il le prit à longs traits. Les autres apôtres devaient glorifier Jésus par le martyre de la mort; lui,
il fut appelé à le glorifier par le martyre de la vie et de l'attente “; et, à le bien prendre, c’est peut-être lui qui eut le plus à souffrir,
Epargné par l'huile bouillante, l’apôtre fut relégué dans l’île de Pathmos, :* une
damnés exécutés en Public subissent lation. ” Rome, au siècle d'Auguste :
Ve édition, t. IT, p. 224,
* Cont. Jovinian.: 6d. Migne: t. XXIII, col. 259. Cf. Tertull.: De Praescriptionibus : 6à. Migne, t. II, col. 59. ï
# Cf. Jean, XXI, 22: « gj je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t’importe? Toi, suismoi. ”
# Cf. Tertull., ut supra.
Une
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des îles de la mer Egée. Du haut de ce rocher, comme d’un poste d'observation, il vit se dérouler sous ses yeux les destinées glorieuses de cette Eglise pour laquelle il souffrait et contre laquelle tout l’univers était alors soulevé. Ce sont ces visions qu’il a consignées dans l’Apocalypse. Délivré enfin de l'exil, à la mort de Domitieh, dans ses courses apostoliques à Ephèse et dans l’Asie proconsulaire, il se fit, avec plus de zèle et d’enthousiasme que jamais, le docteur et 1’ap6tre de cette lumière et de cet amour du
. Christ, qui avaient transformé et réjoui
sa vie. “ Ce qui était dès le commencement ”, écrivait-il au début de sa première Epitre, vers la fin du premier siècle, “ ce que nous avons entendu,ce que nous avons contemplé et ce que nos mains ont touché, du Verbe de vie..., nous vous l’annonçons... afin que votre joie soit complète.
Et voici le message qu’il nous a fait entendre, et que nous vous annonçons à notre tour, c’est que Dieu est lumière, et qu’il n’y a point en lui de ténèbres: Deus lux
SAINT JEAN L'ÉVANGÉLISTE 267 ms pm — — À
est, et tenebrae in co non sunt ullae, ” Quelle sublimité dans cette nn de Dieu et du Christ Jésus, que sait Tea jette ainsi au milieu de ce x. paten, qui n'avait sur la divinité que ‘es idées si grossières! Dieu, dit-il, ee: j, iurniar, sans ombre de ténèbres, € ci l'étra à Laon dans le resplendissement de sa Majesté, ::
pur de toute imperfection, c’est ! perfection et la beauté par essence. C’est cette divine Lumière que le disciple bien-aimé nous montre comme à déçouvert dans le quatrième Evangile, qui est le joyau le plus précieux du trésor des Ecritures, et qui a valu à son anteur le titre de théologien par excellence et d’aigle des évangé.
listes: aussi bien Personne, avant lui, ne s'était enfoncé aussi avant dans la lumière,
Mais ce n’est pas seulement comme lumière que Jean nous représente le Dieu- Homme, Cet Etre ineffable, qui est la lumière infinie, est encore, nous dit-il, l'amour infini, “ Deus charitas est. Dieu, c’est l'amour, ” :* Voilà, à coup sûr, la
# I Ep, IV, 16.
mes
Mes iraebest se CS SENS Sr
— phil
plus haute et la plus consolante idée de Dieu qui ait jamais été proposée au coeur humain. Ainsi donc, Jésus n’a pas seulement de l’amour, beaucoup d’amour pour nous; il est l’amour en personne. Ramassons dans un seul coeur l’amour de trus les pères, de toutes les mères, de tous les époux, de tous les amis, à la fois; eh bien ! cet amour Îmmense, composé de tous les amours créés, n’est pas encore par rapport à l’amour de Jésus pour chacun de nous, ce qu’est une étincelle par rapport à un vaste incendie.
C’est sur cet amour de Dieu pour nous que le disciple bien-aimé appuie toute sa théologie. Oui, s’écrie-t-il dans sa première Epitre, * “ nous croyons à l'amour que Dieu a pour nous. ” Voilà la simple profession de foi qu’il opposait auüx hérétiques de son temps qui ne pouvaient se mettre dans l'esprit que le grand Dieu du ciel se fût abaissé et sacrifié ainsi pour dé pauvres créatures telles que nous. C’était
Ep, ibid.
gd À
leur dire: Si le Tout-Puissant nous aime infiniment, est-il étonnant qu’il se soit rapproché de nous, qu’il ait pris notre nature, qu’il soit né Pour nous dans une étable, qu’il soit mort Pour nous sur un gibet, qu’il veuille se faire manger par nous à la sainte table? Que si l'amour même purement humain fait faire à l’homme, qui n’est que faiblesse, des prodiges à peine Concevables, n'est-il pas conforme à la nature des choses qu’un amour sans bornes, servi Par une puissance infinie, se manifeste par des effets qui déconcertent la faible imagination humaine? 15 »
Ce n’est pas seulement le dogme que |
saint Jean fait reposer sur l’amour de Dieu, c’est encore la morale tout entière, qui peut se résumer, on le sait, dans l’amour du prochain, selon ce mot de saint Paul: “ Celui qui aim° son prochain a accompli la loi, ” 1° Or, sur quoi le disci-
# Cf. Bossuet, Oraison funèbre d'Anne de Gon- £ague, éd. Lebarq: VI, P. 283 sq.
* Rom., XIII, 8.
ple bien-aimé appuie-t-il la nécessité de cet amour? ‘“ Si Dieu nous a ainsi aimés ”, nous crie-t-il, “ nous devons aussi nous aimer les uns les autres. ” :’ Et en effet, puisque la vie chrétienne, comme le dit saint Paul, n’est que la continuation en nous de la vie et des sentiments du Christ, ** comment pourrions-nous nous flatter d’être thrétiens et d'aimer Jésus, si nous n’aimions ceux dont lamour a rempli toute sa vie? L’amour des hommes en tant qu’hommes, c’est la manifestation et comme le rayonnement nécessaire de la lumière de la foi qui est en nous, je veux - dire, de la connaissance amoureuse du Christ Jésus,
Si l’amour de Dieu pour les hommes est la raisor de l’amour que nous leur devons, il en est aussi la mesure, au témoignage de saint Jean. “ Si Dieu a donné sa vie pour nous ”, dit-il, “ nous aussi, nous
“ I Ep, IV, 11.
# Philip. II, 5: “ Ayez en vous les mêmes senti. ments dont était animé le Christ. ”
SAINT JEAN L’ÉVANGÉLISTE 271 D nm» a US US devons donner notre vie pour nos frères. ” * Si lui, le Très-Haut, n’a vécu que Pour nous et s’est livré à une mort affreuse Pour de pauvres créatures coupables, comment, nous, pourrions-nous compter notre vie pour quelque chose, quand le besoin de nos frères, quels qu’ils soient, en exige le sacrifice? et, dans les circonstan.
ces ordinaires de la vie, comment Pourrions-nous marchander à des êtres -pour lesquels Dieu est mort, notre temps, nos
services, nos Sympathies, nos égards, et toutes ces délicatessos dont la sainte dilection a le secret?
Voilà la grande leçon que nous a laissée saint Jean, Si elle inspirait la conduite de tous les chrétiens et spécialement des ministres de l'Evangile, sûrement, ils trou.
veraient dans cet amour de leurs frères, avec cette joie pleire et toute céleste dont parle le Sauveur, * Je moyen le plus effi.
® I Ep. IUT, 16.
# Jean, XVII, 13; XV, 11,
cace d’attirer le monde sous le joug suave de Jésus-Christ. “ Ah ! ” s’écrie Bossuet, *:. “ si lon voyait reluire en l'Eglise cette ‘charité désintéressée, toute la terre se convertirait. ?”
C’est sur ces enseignements tout imprégnés de lumière et d'amour et confirmés par les exemples de toute sa vie, que saint Jean ferma le‘ volume des Ecritures canoniques: c’est le dernier son rendu par la tradition apostolique; ce sont les suprémes recommandations en quelque’ sorte officielles de Dieu à sa créature. On n’en imagine pas de plus hautes et de plus suaves.
La tâche de Jean était accomplie. Il avait environ cent ans, d’après la tradition.
Son attente avait duré assez longtemps.
Que de fois, au cours de son exil sur la terre, il s'était écrié: “ Venez, Seigneur Jésus!” * Le Maître vint enfin le relever
# Panégyrique de saint Pierre __—. éd. Lebarq, IV, 511.
# Apocal., XXII, 20. '
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de sa longue faction et mettre un terme à sa patience héroïque. Et l’apôtre bienaimé alla reprendre, au banquet du ciel, Parmi ses frères dans l’apostolat, la place qu’il occupait à la dernière Cène, près de son divin Ami.
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