SON REPENTIR
« C'est uour racheter nos fautes Que vous êtes descendu Parmi nous, indignes hôtes, Jésus, sauveur attendu !
Divin Jésus, que je nomme
Dans un saint effroi, si l'homme
N'eût pas pèche, sans remord. ;
\ otre nature suprême
Ne se fût pas elle-même
Faite homme, en butte à la mort,
« C'est Rodrigue, cet infâme , Ce roi vil et déhonte' , Et qui voudrait, dans son âme, Ne l'avoir jamais été ; Seigneur , c'est un adultère Qui baise humblement la terre D'où les morts se lèveront, Et qui , devant votre trône , Marcherait sur sa couronne , S'il l'avait encore au Iront.
«Le sang de mon peuple eue, "Versé par le Sarrazin ; L'Espagne entière vous prie Contre un monarque assassin ;
O mon Dieu! comme un peu d'herbe.
Je foulais, d'un pied superbe,
Les villes et les hameaux ;
Et, dans mon règne prospère,
Je vous oubliai , mon père ,
Vous que j'invoque en mes maux;
« J'ai ri des avis célestes, J'ai méprisé vos décrets ; Les conseils les plus funestes Sont ceux que je préférais.
Cent favoris , vaine tourbe , Au front joyeux , au cœur fourbe , M'adoraient pour un coup-d'œil ; Et j'enfermais vos ministres, Comme des oiseaux sinistres , Dans leurs églises en deuil.
« Poussé par un mauvais ange , VIon cœur , loin de vous jeté,
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N'est qu'un abîme de fange.
De vice et d'impureté.
Pourtant, Seigneur, je déplore .Mon crime, et de vous j'implore Miséricorde et pardon ; Mais une voix implacable, Qui me poursuit et m'accable , Comme les coups d'un bourdon ,
« Crie en mon âme troublée :
Qu'il est trop tard aujourd'hui , Que la mesure est comblée , Que Dieu m'écarte de lui ; Et que la mort demandée \e peut pas être accordée
Comme une punition, Au Chrétien de qui la vie
D'un bout à l'autre dévie
De la route de Sion.
« Dois-espérer?... Je me flatte, Je dis : Ce n'est pas en vain ,