‹ Études françaises et étrangeresChapitre 47 sur 67 · OLIVIER · texte numérisé non relu

OLIVIER

La France attend sa dernière heure , La mort sur sa gloire a passé ; Seul, Olivier vers sa demeure, Le soir, revient triste et blessé.

Cachant son armure éclatante Et ses larmes sous son manteau, Pour la nuit il dresse sa tente , Tout près des murs de son château :

« Oserai-je suspendre encore Ma bannière à la vieille tour?

Oserai-je aux lèvres d'Isaure Ravir le baiser du retour !

Que répondrai-je à mon vieux père Qui viendra, dans mes bras tremblans, Chercher le laurier qu'il espère , Pour rajeunir ses cheveux blancs !

Et pourtant , parmi les alarmes , J'ai combattu trois jours entiers, Et pourtant, sous mes jeunes armes, Se sont courbés de vieux guerriers....

Aux caprices de la victoire Il faut accoutumer son cœur ;

Les destins changent ; et la gloire N'est pas toujours pour le vainqueur.

Mais quoi ! d'un belliqueux murmure

Mon coursier fidèle a frémi ,

Et mon cœur bat sous mon armure

Comme s'il chassait l'ennemi.

La fortune , un moment légère ,

Nous ramènera les succès ,

Et jamais la palme étrangère

N'a grandi sur le sol français! »

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