‹ Études françaises et étrangeresChapitre 67 sur 67 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

La gloire, comme un beau fantôme, M'apparut ; son doigt immortel Me montrait, dans le noir royaume, Une palme, un sceptre, un autel.

J'adorai ses promesses vaines, Sou feu s'alluma dans mes veines, Je crus l'affreux oubli vaincu...

Et mon nom s'éteint, sans mémoire, Et je mourrai , sans que la gloire Ait raconté que j'ai vécu!

D'obscurs travaux, de mon délire Tiennent les élans enchaînés, Et je ne dirai qu'à ma lyre, Mes vers à l'oubli destinés ; Telle, au fond d'un bois, Philomèle \ ses petits, craintifs comme elle, Enseigne des airs ignorés; Ou tel , un oranger sauvage Laisse tomber sur le rivage Sa fleur blanche et ses fruits dorés.

Souvent , oh! bien souvent encore Je vois, du sein de mes ennuis,

'Un ange , qu'un laurier décore, Passer à l'horizon des nuits...

Fuis, bel ange de poésie, Avec ma coupe d'ambroisie, Avec ton prisme radieux; Fuis! — Ne regarde pas l'asile Où ma jeunesse en pleurs s'exile, Sans chanter même ses adieux!...

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