‹ Études françaises et étrangeresChapitre 66 sur 67 · PENSEE · texte numérisé non relu

PENSEE

Oh ! qui me rendra ma jeunesse , Ma jeunesse de dix— liait ans!

Qu'avec vous encor je renaisse , Première saison , heureux temps,

Où l'azur du Ciel se reflète Au fleuve indolent de nos jours ; Age , où la famille est complète , Age, où l'on aime pour toujours!

Auprès d'une mère et d'un père , Quel malheur peut nous effrayer?

On s'endort, on rêve, on espère..

Une mort vient nous reveiller.

Hélas! à des lois infinies L'univers marche résigné; Il est d'étranges harmonies, Tout a son poste désigné :

Au printemps des chants et des fêtes; Des zéphirs à la jeune fleur ; Au sombre Océan les tempêtes ; Au cœur de l'homme la douleur.

Heureux du moins (et je l'éprouve Si dans la femme de son choix , Celui qui perdit tout retrouve Un écho de ces douces voix,

Un ressouvenir de ces âmes ,

Un reflet des regards lointains.

Qui l'échauffaient, comme des flammes,

Et, comme elles, se-sont éteints!

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