I.cudastes
Macco
Maracharius.
Nantinus.
OUo.
Sicharius
SigoaKliis
Theodiilfii.s.
Waddo
Wado.
AT] Vl" SIKCLE. 175
Papiilus. Willacharius.
Peonius. Werpinus (i).
Romaniis.
Salustiiis.
Syagrius.
Tercnciolus
Voncrandiis.
Et voici dans quelles proportions ils se répartissent sur les trois royaumes.
CiOmles à noms latins Comtes à noms germaniques
Aquitaine. , . 21 16
Burgondie . . 6 0
France. ... 3 9
Mais quel est le rapport de ces noms à la nationalité de ceux qui les portent ?
(1) Dans ce classement il y avait quelques noms douteux que j'ai tous attribués à la liste germanique pour n'appuyer mes conclusions que sur des données irréfragables. Ce sont : 1" Becco (Fùrsiemann, Altdaitxches Namaibiich, I, col., 2o6-2o7). — 2" Leudastes, dont le suffixe, selon Foersteniann, o. c, I, col., 491, d'accord avec J. Grimm, Geschichte der deiitschen Sprache, p. 541, serait identique avec le vieux suflixe germanique gast qu'on retrouve dans des noms célèbres comme Arbogast et dans ceux des prudhommes de la loi salique : Widogast, Wisogast, Salegast et Aregast, ainsi que dans plusieurs autres. Et de fait nous trouvons dans les noms mérovingiens la forme Arbogast adoucie en Arboast. D'autre part, le radical Leiid de Leudastes est lui-même un vocable germanique. Mais est-il certain que Ltonastis, nom d'un archidiacre de Tours iGrégoire de Tours, HF., V. 6.), Vidastis, nom d'un particulier de Tours dont les relations de parenté sont romanes, et qui porte le surnom d'Àrus (Grégoire de Tours, HF., VI, 13 et VII, 'à.), Leubastes. nom d'un abbé du diocèse de Tours {Grégoire de Tours, HF., IV, il.), Vinastis, nom d'un aveugle venu à Tours de regione sua pour implorer sa guérison au tombeau de saint Martin (Grégoire de Tours, Virt. Martin., II, 23) soient des noms composés avec le sufixe gast altéré dès cette époque en asti Le nom du père de Leudastes, ([ue Grégoire, HF., V, 48. appelle Leiwhadius (Leocadius) et qui est un serf, est dans tous les cas un nom romain, et cela suffît pour nous autoriser à affirmer son origine romaine, au moins du côté paternel. — 3" Macco. V. Foersteniann, o. c, I, col. 884, sous viag-. — 4» Ollo. V. Foerstemann, o, c, I, csl. 181, sous aiil-. — o" Nantinus. V. Foerstemann, o. c, I, col. 949-932.
176 VI — DE LA NATIONVLlTi: DKS COMTES FUANCS
Je me suis expliqué au long, sur cette (|uestion, dans Francia et Franciis (1), et je puis me borner à rappeler ici les conclusions de ce travail.
1. Avant l'époque d'Auguste, on doit considérer comme Germain quiconque porte un nom germanique, et comme Romain quiconque porte un nom romain.
2, A partir de l'époque d'Auguste, il faut cesser de conclure du nom à la nationalité en ce qui concerne les porteurs de noms roniains. S'il reste vrai que quiconque porte un nom germanique doit être pris pour un Germain, nous constatons que beaucoup de Germains, en particulier ceux qui prennent du service dans les armées impériales, cachent sous un nom romain leur origine barbare (2).
3. Vers le commencement du IV*" siècle, cette prédilection des barbares pour les noms romains vient à sallaiblir. Ils semblent dédaigner de se laisser naturaliser, même alors qu'ils servent l'empire, et ils arborent fièrement leurs noms germaniques au milieu des armées impériales (3). Nous voyons durer cette aft'ectation d'orgueil national pendant toute la période des invasions, et même assez longtemps après.
4, A partir de la conquête de la Gaule par Clovis, ce sont, pour la première fois dans l'histoire, les provinciaux de la Gaule qui affectent de prendre des noms germaniques, et qui semblent vouloir se faire naturaliser barbares. Ce phénomène, qui s'explique en grande partie par la popularité des conquérants francs, est particulier à leur royaume, nous ne le retrouvons pas chez les peuples ariens de la Gaule, où l'opposition entre les deux races garde toute son acuité et continue de se caractériser par l'opposition des vocabulaires onomastiques.
Ces propositions — pour la démonstration desquelles je
(1) V. d-dessws, pp. 122-130.
(2) Par exemple Civilis, M-axiiiiimis. Bonilus, Silvamis, Mugnenlius et son frère Decentius.
(3) Par exemple Laniogiiisus, .Malaricus, .Mellubuude^, Arboga-sles, Edubincuï, JNevitta, Dagalaifus.
AU VI* SIÈCLÏ). 177
renvoie au travail cité plus haut — impliquent en ce qui concerne notre liste de comtes francs, la conclusion suivante :
Tous ceux des comtes francs qui portent un nom romain sont de nationalité gallo-romaine; aucun d'eux ne peut être considéré comme ayant une origine barbare. Ce sont des fonctionnaires royaux recrutés parmi la population indigène {i).
Quant à ceux qui portent un nom germanique, il n'est pas possible de déterminer leur nationalité sur la foi de ce seul indice. Les uns sont d'origine barbare sans doute, les autres de race gallo-romaine. Déterminer la proportion des uns et des autres est affaire de recherches spéciales sur la base d'autres indications .
Les éléments me manquent, par malheur, pour pousser plus avant et pour établir avec plus de précision l'état civil de nos vingt-quatre comtes à noms germaniques. Tout ce que je puis dire, c'est que Becco, comte de Glermont, est très probablement un barbare, ayant été préposé au gouvernement de cette ville à l'époque où le roi Thierry I venait de réprimer avec la plus sauvage énergie la tentative qu'on avait faite de soustraire l'Auvergne à son joug. En pareilles circonstances, la prudence conseillait de confier le pays à un barbare, sur lequel on pouvait compter, et non plus à un indigène (2). Leudastes, par contre, me semble plutôt un gallo-romain : c'est un serf, et son père porte le nom romain de Leocadius (3). Pour les autres, je n'essayerai pas même de conjecturer : ce serait deviner et non chercher. Admettons, pour rester dans la vraisemblance, qu'une moitié
(1) Ce point étant rapilal, je crois utile de reproduire ici les principales références bibliographiques de celle assertion; ce sont, outi-e mon propre travail. Valois, Rer. Francic, VU, p. 391; Loebell, Gregor vmi Tours, p. 76; Roth, Gcichichte des Beneficialwesens, p. 100. Quand donc Fuslel de Coulanges écrit (jue le nom romain ne prouve pas la nationalité romaine {La Monarchie jranque, p. 208, note 2), il se trompe tout au moins en ce qui concerne le VI»" siècle.
(2) Voir Les ducs et les comtes d'Auvergne au V7<' siècle.
(3) Voir Les ducs et les comtes de Tours au Vl'^ siècle.