‹ Études franquesChapitre 48 sur 59 · NOMS GOTHIQUES · texte numérisé non relu

NOMS GOTHIQUES

Agila, roi des Visigoths. 3F., III, 30,

Agila, ambassadeur visigoth. EF., V, 43 (gén. Agilanis).

-Egila. Le duc Calumniosus cuguonjeiito /Egila (gén. yEgilaniS;, duc de

Contran, dans le Midi. HF., VIII, 30.

Ara, duc ostrogolh sous Théodoric le Grand, à Arles. Gloi: Mart., 77. Attila, roi des Huns. HF , II, 7 (ace Attilanem). Nom transmis sous une

forme germanisée par les Goths.

Audica, roi de Gallice. HF., VI, 43.

Galuppa, reclus, a Meallet (abl. Caluppanej. VU. Pair., XI. Chuppa, cornes stabuli, sous Chilpéric, roi des Francs. HF , V, 39 (abl.

Chuppane): VII, 39 (ace. Chuppanem); X, 51 (2). Cyrola. évèque des Vandales d'Afrique. HF., II, 3. Leuva, roi des Visigoths. HF., IV, 38, (abl. Leuvane); IX, 24 (géu.

Leuvanisj.

Occila, buccellaire d'Aétius. HF., II, 8. Oppilla, ambassadeur visigoth. EF., VI, 40.

Sigila, fidèle de Sigebert I^, qui quondam ex Gothia venerat HF., IV, 51. Theuda. HF , III, 30, roi des Visigoths. Traguila, serviteur d'Amalasonthe, reine des Ostrogoths. HF., III, 3i

(ace Traguilanem).

Résumons rapidement les résultats de cette enquête.

Sur quinze porteurs de noms germaniques que nous rencontrons au VP siècle, il y a six Gailo-Romains et deux Visigoths, plus un Thuringien que les jeux de la fortune

(d) Sur cette particularité, voir Foerstemann, op. cit., t. I, p. 2, et cf. G. Kurth, Histoire politique da Mérovingiens, p. o38.

(2) Cliuppa est le seul personnage de ceUe liste qui ne paraisse pas appartenir à une des nationalités de langue gothique. Comme l'indiquent son pays et le roi ([u'il sert (celui de Neuslrie), il e,>i probablement un des Siixuns si nombreux dans le pays de Bayeux. L'exception confirme donc littéralement la règle, puisque la désinence a (pour o) caractérise aussi bien le saxon que les idiomes gothiques.

ont amené dans ce pays. Les six autres sont des Francs germaniques, mais qui n'ont fait que passer en Auvergne sans y prendre racine. L'idée d'une prise de possession ou d'une colonisation de l'Auvergne par ce peuple doit donc être absolument écartée. La population de l'Auvergne est restée homogène depuis la fin de TEmpire; la conquête franque n'y a introduit aucun élément nouveau dans une proportion appréciable.

Ces conclusions, on le voit, s'opposent diamétralement au point de vue des historiens qui veulent que toute la Gaule, y compris les provinces les plus méridionales, ait reçu, après la conquête franque, un contingent considérable de nouveaux habitants barbares. Roth, qui a donné à cette manière de voir son expression la plus catégorique (1), est convaincu que le nombre de ces immigrants devait être assez considérable en Auvergne. Mais le seul argument qu'il invoque à l'appui do son opinion est un passage de Grégoire de Tours où cet écrivain, racontant l'histoire d'Eufrasius, qui essaya de se faire nommer évêque de Glermont après la mort de Gautinus, consacre à ce personnage quelques lignes dédaigneuses : « G'était un homme de vie raffinée, mais de mœurs peu chastes; il enivrait souvent les barbares, mais il nourrissait rarement les indigents (â) ».

Ges barbares, au dire de Roth, sont des Francs germaniques, et son opinion est partagée, si je ne me trompe, par la plupart de ceux qui se sont occupés de notre passage (3). Mais c'est là préjuger la question et c'est, de plus, la

(1) Nlcht niinder ist gewiss, dass sich mit der Eroberung Franken in allen Landestheilen niederliessen, nicht nur bis zur Loire, wo die fraenkische Bevoeikerung tlieils staerker, Iheils ebenso stark war als die Romanisclie, sondern aucli von der Loire bis in das siidlichste Gallien und in Burgund. Roth, Geschichte des Beneficialwesens, p. 68.

(2) Erat quidem elegans in conversatione, sed non erat castus in opère, et plerumque inebriabat barbares, sed raro reficiebat egenos. HF., IV, 35.

(.3) Roth, op. cit., p. 68 avec la note ■104; Arndt, dans son édition de Grégoire de Tours, HF., IV. 3.^; Knisch, dans la Table anoma-Uique de la même édition, p, 93.J.

trancher fort mal, attendu que tous les Francs ne sont pas des barbares (1), ni tous les barbares des Francs. On a déjà fait remarquer ailleurs un sens très particulier que le mot barbare avait pris dans les derniers temps de l'Empire et qu'il avait conservé dans les commencements de l'époque mérovingienne : c'est celui de soldat (2). On est fondé à se demander si ce n'est pas de soldats que Grégoire veut parler plutôt que de Francs germaniques. En effet, il n'y a pas de raison apparente pour supposer qu'Eufrasius aurait tenu à s'enivrer avec des étrangers plutôt qu'avec ses compatriotes ; mais on comprend parfaitement que s'il cultivait la bouteille, il ait recherché la compagnie des soudards. Objectera-t-on que ces soudards étaient précisément des barbares? Je n'y contredirai pas, mais je me bornerai à faire remarquer que rien n'autorise à supposer que ces barbares fussent des Francs. En effet, en o71, année où Euphrasius brigua l'épiscopat, il y avait une quarantaine d'années que la garnison franque, placée dans le pays par Thierry P"", en avait été retirée, et il y avait dix ou douze ans que Ghramn était parti avec sa suite. Par contre, il y avait en Auvergne, et cela depuis le commencement du V® siècle, une colonie de soldats barbares qui y avait été établie par les empereurs : c'étaient les Lœti gentiles Suevorum mentionnés dans le Notitia dignitatum (3). Nul doute que les barbari fréquentés par Eufrasius ne soient de ces Lètes, les seuls soldats établis à demeure en Auvergne, au témoignage de nos sources.

Je crois en trouver la preuve dans un autre passage peu remarqué de Grégoire de Tours. Racontant la vie de l'ermite saint Pourçain, il nous dit que ce religieux était le serf d'un barbare et qu'il fuyait souvent la maison de son maître pour se réfugier dans l'abbaye voisine (4). Cette abbaye,

(1) Contre l'identificalion des deux termes « Francs et barbares n, voir ci-dessus le mémoire intitulé : Franria et Francus.

(!2) Ewald, dans le Neues Archiv, t. VIII.

(8) Pr?efecUis La^torum genlilium Siievorum, Arunbernos {al. Arvernos) Aquitanica^ primse. Seeck, p. 207.

(i) Hic enim servus fuisse fertur cujusdam barbari. Grégoire de Tours, VP., V, 1.

AU \1* SIÈCLE. 24l

c'est celle qui a pris depuis le nom de Saint-Pourçain et qui a donné naissance à la ville du même nom, dans l'arrondissement de Gannat (Allier), c'est-à-dire dans l'ancienne Auvergne. Le saint, que nous voyons qualifier de vieillard à la date de 330, doit être né, par conséquent, entre 460 et 470, c'est-à-dire à une date où l'Auvergne était encore romaine et où les Francs étaient encore confinés dans le pays de Tournai. Le barbare, son maître, ne peut donc pas avoir été un Franc, et nous avons tout lieu de croire que c'était un soldat de l'armée impériale, peut-être un vétéran retiré sur une terre que lui avait cédée le fisc.

La tentative que l'on a faite de retrouver des Francs dans les barbari mentionnés en Auvergne par Grégoire de Tours est donc absolument illusoire ; bien plus, elle me fournit la contre-épreuve de mes conclusions (1).

Et il faudra désormais bift'er l'Auvergne de la liste des provinces gauloises qui auraient reçu un appoint de population germanique à la suite de la conquête de ce pays par les Francs. Mais ce n'est pas tout, et je pense que la démonstration faite pour ce pays vaut pour les régions avoisinantes, peut-être même pour toute la Gaule méridionale.

(i) Je n'ai pas bien compris le critique de la Revue de l'Instruction publique en Belgique qui, rendant compte de ce travail (t. XLIU, p. ^gO), écrit : a Mais ces soldats, tous d'origine étrangère et fixés dans les contrées au moins à la fbi de l'Empire, n'ont-ils pas dû y exercer quelque action sur les populations, et si l'.\uvergne n'a pas été germanisée au Vie siècle par les Francs, ne l'a-t-elle pas été au Ve, dans quelque mesure, par les mercenaires barbares de l'Empire? « La mesure, c'est celle qui résulte de la statistique ci-dessus; c'est dire qu'elle est à peu près intinitésimaie.

au VI" siècle

Dans cette enquête sur les nationalités en Touraine au VP siècle, je procéderai comme je l'ai fait pour l'Auvergne. Je dresserai d'abord la liste de tous les habitants de la Touraine qui nous sont connus par les sources, et j'essaierai de déterminer, au moyen de leurs noms, la nationalité à laquelle ils appartiennent.

Voici la liste :

Abréviations : HF — Historia Francorum de firégoire de Tour» ; VP — Vitae Patrum du même; IC — Inscriptions chrétiennes de Leblant; NR =^ Nouveau recueil d'inscriptiovs chrétiennes, du même.

Agecius, a Langeais, Bull. Soc. Archéol. Tour., XI, 1898.

Agiiilf.is, diacre de Tours, VP., VIII, « ^VX. Olor. Cnnf., «0; (Jlor Mart.,

i2\EF, X. 1).

Aigullus, liis d'Agecius. V. ce nom. Alaricus, reclus à Marmoutier. VP , XX, 2. Alpinus, comte de Tours (i).

Ambrosius, frère de Lupus, urMs Turomcae civis, à Gliinon. HF. VI, 13, Ammonius, age7is de la basilique .Saint-Martin à Tours. Virt. Mart., 1, 20. Animius, tribun à Tours, firt Mart , II, il.

(■l) Je n'ai pas cru nécessaire de répéter les références des noras de comtes, qu'on trouve ci-dessus, et d'évêques, qui sont réunis au livre X de VHF., 31, p. 443 et suivantes.

Animodus, vicaire à Tours. HF , \, 5.

10 Apra, religieuse au pays de Tours. Virt. Mari., Il, 31,

Armentarius, médecin de Tours. Virt. Mart., Il, i,

Audinus, du pays de Tours, HF., Vil, 47.

Augustus, quidam civis urbis Turonicae. Virt, Mart., 111, 36.

A\ino, pagensis du pays de Tours, à Mantelan. BF., VII, 47.

Xuslre^^Wilns, pagensis du pays de Tours, à Mantelan. HF., Vil, 47.

Aventius, lils de l'cvèque Eufronius. Fortun. Carm., 111, -i.

Baudimundus, homme du pays de Tours. VP., XVI, 4.

Baudinus, évèque de Tours.

Bella, femme de Tours. Virt. Mart., 1, 19. 20 Bertetledis, lille du roi Charihert. religieuse à Tours. HF., IX, 33.

Bertegundis. fille d'ingotrudc, religieuse à Tours. HF., IX, 33; X, 12.

Berulfus. duc de Tours et de Poitiers.

Bodilo, notaire de Grégoire de Tours. Virt. Mart., IV, 10.

Bonulfus, estropié de Tours. Virt. Mart., II, 25.

Boso, diacre de Tours. VP., XIX, 4,

Campanus, prêtre de Tours (538). Maassen. Concilia Aevi Merovingici, p. 84.

Chramnesindus, fils d'Austrigisllus, de Mantelan HF., VII, 47; IX, 19.

Clara, femme de l'evèque Franciiio. HF., X, 3i, p. 447.

Dado, homme de Petit-Pressigny (Indre-et-Loire). VP., VIII, il. 30 Dagobaldus, clerc au service de Grégoire de Tours. Virt. Mart., IV, 9.

Dinilius, évèque de Tours.

Eberulfus, frère d'Austregisilus, de Mantelan, HF., Vil, 47.

Eborinus, comte de Tours.

Ennodius, duc de Tours.

Eufronius, évèque de Tours.

Eunomius, comte de Tours.

Eustochius, abbé de Marmoutier. VP., XX, 3.

Euthimius, prêtre de Tours. Virt. Mart., IV, 43.

Faretrus, habitant de Tours VP., XVI, 3. 40 Flameris, abbé de Chinon, Fortunat. Vit. s. Germ., 153.

Franciiio, évèque de Tours.

Gaiso, comte de Tours.

Galienus, comte de Tours.

Genitor, civis noster. Virt. Mart. 111, 53.

Gregorius, évèque de Tours.

Gundulfus, ipsius urbis civis. Virt. Mart. 111, 15.

Guntharius, évèque de Tours.

Ingotrudis, religieuse à Tours. HF., V, 2i etpassim.

Injuriosus, évèque de Tours.

50 Injuriosus, ancien vicaire de Tours. HF., Vil, 23.

Joannes, natione Britto, reclus à Chinon. Glor. Conf. 23; Baudonivia, Vit. Rad. 4,

JoanneS; tourangeau, père de Sicharius. HF., VII, 47.

AU Tl* SIÈCLE. 245

Julianua, habitant de Tours. FP., XVI, 4.

Justinus, comte de Tours.

Launovaldus, serf de Grégoire de Tours. VJlf., IV, 47.

Léo, évèque de Tours.

Léo, prêtre de Tours. Glor. Conf. 6 et Virt. Mart , IV, 25. (Peut-être y a-t-il deux personnes diflerentes). Et le Léo presbyter de Fortunat Carm., VIII, 11, 3, est-il aussi le même?

Leubardus, reclus de Marmoutier, Auvergnat. (Pour mémoire).

Leubastes, abbé à Tours. HF., IV, il.

60 Leubatius, abbé à Sennevières. VP., XVIII.

Leudastes, comte de Tours.

Licinius, évêque de Tours.

Litomeris, ipsius urbis indigena. Glor. Conf., 21.

Litomeris, de Pernay (Indre-et-Loire). VP., VIM, 8; Virt. lui. 50.

Lupus, urbis Turonicae civis, à Chinon. HF., VI, 13.

Lupus, malade guéri à Tours VP., IX, 3.

Malulfus, quidam Turonici territurii civis. Virt. Mart. III, 44.

Mascarpio, serf à Tours, VP , XVI, 4.

Maurusa, femme de Tours. Virt. Mart., II, 3. 70 Mellito, femme d'Agecius à Langeais. V. Agecius.

Medardus, ancien tribun à Tours. SF., VII, 23.

Monegundis, femme du pays de Chartres, religieuse à Tours, VP., XIX; Glor. Conf., 24.

Motharius, civis Turonicus. Virt. Mart , IV, 21 (dans le titre).

Mummola, femme du tribun Animius de Tours. Virt. Mart., II, il.

Nantulfus, enfant à Tours. Glor. Conf., 25.

Ommatius, évèque de Tours, HF., îll, 17 et X, 3i, p. 446.

Palatina, jeune fille du pays de Tours, Virt. Mart., IL 14.

Papola, religieuse à Tours. Glor. Conf., 16.

Passivus, prêtre à Tours, VP., XVI, 2.

80 Paulus, enfant estropié à Tours, VP.. XVI, 3.

Pelagius, otficier du fisc à Tours, HF., VIII, 40.

Pientius, inlustervir in Turonico. Fortunat. Vit. s. Germ., 99.

Piolus, clerc à Candes. Virt. Mart., II, 26.

Plato, archidiacre de Tours, puis évêque de Poitiers. HF., V, 49; Virt. Mart., IV, 30.

Popusitus, habitant de la Touraine, VP., XV, 3.

Probatus, archidiacre de Tours, Glor. Conf., 24.

Proculus, évêque de Tours.

Remigia, matrone du pays de Tours, Virt. Mart., II, 22,

Riculfus, archidiacre de Tours. HF., V, 49. 90 Riculfus, clerc de Tours. HF., V, 49.

Senoch (saint), Taïfale, abbé en Touraine. VP., XV Qipassim.

Serenatus, homme au service de Grégoire de Tours. Virt. Mart. IV, 36.

Sicharius, fils de Joanncs, civis Toronicus. HF., VII, 47; IX, 19.

Silvinus, abbé à Tours, VP., XVI, i.

Simon, prtMre rlc Tours. Virt Mari., Il, 3.

Thcodomoris, iliacre du pays de Tours, Viri Mart. Il, 19.

Th','0'lomu/idus, prêtre de Tours Virt. Mart., IV, 9.

Theodorus, évèquo do Tours

Tlieodorus. serf de Grégoire de Tours. VP . IV, 9. 100 Theodulfus. civis Turonicus, Virt Mart., IV, 5.

Tranquilla, femme de Sicharius de Tours. UF., I.\, ifl.

l'rsulfus, quidam ex Turonica cicitate de pago trans Ligerim Virt. MartA\,n.

Ursus, abbé de Loches, Cadurcinae urbis incola. VP., XVIII, i

Vcnanlius abbé à Tours, Biturigi territtirii incola. VP., XVI; Glor. Conf., 15.

Veranus, serf du prêtre Simon. Virt. Mart , II, 3.

Verus, évèfpie do Tours.

Willacharius. comte d'Orléans et do Tours. 108 Wislrimundus cognonicnlo Talto, civis Turonicus. HF., X, 29. p. 441.

En classant ces 108 personnages comme j'ai fait dans mon étude sur les Nationalités en Auvergne.^ je constate qu'ils se groupent comme suit :

Page 1